Publié dans Editorial

Canular !

Publié le dimanche, 17 décembre 2017

 Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

De cette manière, on dirait que l’initiative, tant décriée, viendrait donc des élus, de Tsimbazaza et d’Anosikely. De qui se moque-t-on ! En voilà une farce de mauvais goût ! En fait, le régime tout entier trame un complot contre la Constitution et, par extension, contre l’Etat de droit. Toute allégation à  « corriger » la Loi fondamentale, sans avoir pris la peine de respecter toutes les étapes y afférentes et à un moment inopportun, porte préjudice à l’intégrité de l’Etat. La volonté de tailler un texte sur mesure témoigne de l’indélicatesse de comportement vis-à-vis de la Nation. Un texte qui, rappelons-le, a été adopté à l’issue d’un vote au suffrage universel direct. Un texte, enfin, dont l’onction populaire ne fait nullement l’ombre d’un doute. D’ailleurs, le Chef de l’Etat, en exercice, étant membre du Gouvernement de l’époque, fut l’un des artisans convaincus de l’adoption, par voie référendaire, de cette Constitution en 2011. Ainsi, l’entêtement au tripotage relève, tout simplement,  d’un geste de mauvaise foi et 

correspond à un canular aberrant.  L’article 46, l’article de la discorde, notamment dans l’alinéa 2, mentionne que « Le Président de la République en exercice qui se porte candidat aux élections présidentielles démissionne de son poste soixante jours avant la date de scrutin ». Cet article pose réellement problème au locataire d’Iavoloha. Lui qui ne voulait en rien céder, tant soit peu, de son pouvoir, rejette tout concept de démission. Le notable (Olo-be) Rakotorimanana Honoré a dû payer à son compte personnel les frais de cette obsession. Mais l’acharnement contre cet article ne s’arrête pas là. Il faut, à tout prix, le modifier ou même le radier du texte. De même l’art. 47, l’autre objet de la controverse, en particulier dans l’alinéa 1, en jonction avec celui du 46, alinéa 2, précédemment cité,  forment selon eux un duo dangereux sur l’intégrité du pouvoir et du mandat du Chef de l’Etat, en place. Même l’éminent juriste, tout juste détrôné d’il y a très peu de temps, Rakotomanana Honoré, entre dans la danse pour justifier la nécessité d’amender la Constitution en attaquant frontalement ces deux articles jugés scélérats. La comédie théâtrale, plutôt le canular, a trop duré. Les « spectateurs » en ont marre ! Les acteurs, sur scène, accumulent de maladresses en incompétence à interpréter convenablement le scénario. Malheureusement, la « troupe » en a encore un bout de temps. Et malgré  la turpitude de leur prestation, ils s’accrochaient à occuper le plateau.

Ndrianaivo

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