Publié dans Editorial

Des boniments !

Publié le dimanche, 07 janvier 2018

Au moment même où une insolente tempête tropicale, dénommée Ava, frappa la côte orientale de la Grande île et que la population, même à Tanà, se débat contre les effets déplorables des rafales de vents et des pluies diluviennes dont le bilan s'alourdit au fil du jour, les dignitaires du pays se régalèrent au Palais. De banals baratins et des tables bien garnies agrémentèrent la fête sur fond de misère de la grande majorité des Malagasy.

Le vice-doyen du corps diplomatique et des représentations consulaires, l'ambassadeur des Comores, inaugura la série de discours. Il donnait le ton par une avalanche des mots doux à l'endroit du Chef de l'Etat et son épouse. Le régime, renchérit-il, a réalisé de gros efforts. Le taux de croissance du pays allait de 2% en 2016 à 4% en 2017.Une belle performance, n'est-ce pas Monsieur l'ambassadeur !
A leur tour, successivement, les deux chefs d'institutions du Parlement ne cessèrent, durant toute la durée de leurs interventions, d'encenser le locataire du Palais d'Etat. En authentiques courtisans flagorneurs, ils courbent l'échine devant le couple « royal » et ressassaient des compliments qui  faisaient beaucoup plaisir à l'illustre hôte et son épouse mais gênaient, parfois, l'assistance.
Pour sa part, le Premier ministre Solonandrasana  Mahafaly Olivier emboite le pas à ces prédécesseurs en lançant à tout vent des fleurs à son patron de Président de la République. Il s'évertuait aussi, pour l'occasion, à prendre des engagements de mettre un terme, pour de bon, à l'insécurité jusque-là indomptable. Mais tout le monde se rappelle bien de la déclaration quand il débarqua à Mahazoarivo annonçant sa détermination à mener un combat, sans complaisance, contre  l'insécurité et à la corruption. Les jours et les mois ont écoulé, seulement, on est toujours à la même enseigne.
Mais la palme des baratins, voire, des boniments revient au maître des lieux, Hery Rajaonarimampianina. Il s'excellait dans un discours fleuve teinté, fortement, de hargne et d'arrogance. Il  clamait fièrement qu'il avait fait mieux, depuis qu'il avait pris les rênes du pouvoir en 2014, que les hauts dirigeants qui s'étaient succédé avant lui. Le pays se trouvait, disait-il, sur le chemin du redressement. Et il martelait les comportements indignes, selon lui, des politiciens ne partageant pas le même point de vue. En fait, son discours portait en soi trop de contradictions. Il déclarait, en plein milieu de l'intervention, qu'il fait sien des sept vertus cardinales dont entre autres l'inclusivité, la liberté d'opinion, l'exemplarité mais ses propos, par la suite, s'en éloignent très loin. Il condamne vivement la recherche d'un « accord politique » diligenté par le Pm en vue de décanter la situation. C'est pratiquement inutile, vitupérait-il ! Si ce n'est pas un désaveu contre son «Second » de Pm, c'est quoi alors ! D'autre part, il menaçait ouvertement les professionnels du média contre toute velléité d'aller à l'encontre des « lois en vigueur ». Il veut imposer, en fait, une « liberté surveillée » de la presse. Une attitude contraire à l'esprit d'une réelle liberté d'opinion. Enfin, il claironnait, haut et fort, que le pays se redresse, alors, pourquoi ne pas faire un petit geste de bonne foi face à ce salaire de misère des agents de l'Etat ?
Désolé, on n'y voit que des boniments !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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