Publié dans Editorial

Que dalle !

Publié le lundi, 08 janvier 2018

La tempête tropicale, dénommée Ava, quitte le territoire. Les séquelles qu'elle a laissées aggravent encore plus les conditions déjà précaires de la population. La misère s'empire. A Iavoloha, lors des échanges de discours, les intervenants clamaient, en substance, que le pays se redresse. Le taux de croissance double en un an : de 2 % en 2016, il atteint 4 % en 2017. La pauvreté diminue : de 92 %, en 2014, elle descend à 70 %. Bref, le Chef de l'Etat, dans une fierté euphorique pleine d'orgueil, s'empressait de s'exclamer que la « tête » du pays se relève (« miarin-doha ny firenena »). En réalité, ce ne fut qu'un échange de civilité par des gens « bien élevés » ou plutôt « bien lotis » du palais.

A quoi ce tableau brillant rime avec le quotidien du peuple ? En tout et pour tout, rien a changé. Aucune amélioration ne touchait, du moins jusqu'alors, les conditions de vie de la grande majorité. La morbidité se fait inviter et s'incruste à l'intérieur de chaque ménage. Le passage du cyclone Ava joue à l'avantage et arrange les affaires du régime qui voit ainsi une parade tout trouvée pour se dédouaner de leurs turpitudes.
On veut bien accorder un brin de crédit aux déclarations tonitruantes du Président, à Iavoloha, concernant l'éventuel redressement de l'économie. Seulement, qu'on se mette d'accord. A partir du moment où telles ou telles améliorations annoncées en grande pompe par n'importe qui du pouvoir ou autres ne seraient pas visibles ou vécues par chaque famille malagasy, il ne s'agisse que des élucubrations ou de purs et simples mensonges. Le peuple, exsangue, ne peut pas se nourrir de belles paroles. Il en faut, au moins, du travail, un bol de riz et de quoi se loger avec un minimum de décence ! Et dès lors que le régime ne soit pas capable d'offrir ce « juste un minimum » à l'endroit de son vaillant peuple, qu'il se taise ou qu'il ait la moindre humilité et de modestie de ne pas se pavaner de n'importe quel exploit ! Un tel délire n'arrange en rien du tout la situation. Au contraire, cela contribue plutôt à durcir la rancœur des petites gens. Si le Chef de l'Etat comptait bien reconquérir le… cœur ou la sympathie du peuple, ce n'est pas du tout de cette manière si arrogante et même si méchante qu'il réussirait la partie. Un pari difficile pour quelqu'un trop imbu de sa personnalité. Il doit savoir que le Malagasy, depuis la nuit des temps, est sensible à des propos plein d'humilité et de modestie. C'est le génie d'un certain Andrianampoinimerina. Il écoute, respecte et ne tient jamais des propos  méchants ou provocateurs
surtout devant « ny vahoaka ambany lanitra ». Une sagesse que nos dirigeants doivent bien se l'approprier à leur gouverne.
Pour aller un peu plus loin, les analystes entrevoient, à travers ce comportement, pour le moins décevant, des barons au pouvoir, une certaine assurance de gagner, haut la main, la bataille de ce scrutin capital de fin d'année. Toutes les stratégies sembleraient déjà bien ficelées, et cela, pour rafler en gros la mise.
Que dalle d'un bilan bidon ! Le peuple souverain saura bien, le moment voulu, déjouer le piège des leurres et faire le choix utile.
Ndrianaivo

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    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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