Publié dans Editorial

Calcul

Publié le mardi, 09 janvier 2018

Intéressé. Tel pourrait être l’adjectif qualifiant le geste du Chef de l’Etat, relatif au drame subi par la population de Toamasina suite au passage du redoutable cyclone tropical « Ava ». Le Président Hery Rajaonarimampianina et la délégation qu’il avait conduite ralliaient le grand port de l’Est le lendemain même, le samedi, de la grand-messe de présentation de vœux à Iavoloha.

Une cérémonie qu’il voulait tenir malgré tout. Ce vendredi-là, les prévisions des services de la Météo confirmaient la menace imminente d’une forte tempête tropicale dénommée « Ava » qui va frapper la côte orientale de la Grande île. Si le locataire du palais d’Atsimondrano avait eu, au moins, la sagesse ou la prudence de décaler la « fête », il aurait pu éviter les « rafales » de critiques tous azimuts. Le fait de ne pas descendre sur terrain qu’après avoir « savouré » à l’écoute des compliments, suivis du grand festin, relève d’une maladresse ou peut-être d’un calcul si vilement politique. En passant, selon le témoignage d’une résidente du port de l’Est qui a requis l’anonymat, les autorités ont dû recourir à des « ramassages » de jeunes pour accueillir l’hôte de marque. La population ayant d’autres chats à fouetter, avait boudé cette visite.
Les dégâts laissés par Ava sont énormes voire incalculables. Le bilan varie selon les sources. En tout cas, il y a eu de lourdes pertes en vies humaines, de nombreux disparus, des dizaines de milliers de sinistrés et des ravages importants. Le caprice de Dame Nature causait d’énormes destructions risquant de peser lourd à la Nation toute entière. L’ancienne Capitale de la Province betsimisaraka n’est plus que l’ombre d’elle-même. Mais, il n’y a pas que Toamasina. La partie Nord et les hautes-terres centrales encaissèrent des coups durs. A Ambilobe, Sambava ou à Antananarivo, pour ne citer que ces localités- types, Ava laissa des séquelles durement ressenties par la population. Des ruines un peu partout !
Et dire que nous ne sommes qu’en tout début de la période cyclonique. Ce n’est que la lettre « A » de l’alphabet. D’autres seraient à craindre ! Comment le régime compterait-il s’y prendre ? La capacité d’anticipation des dirigeants faisant toujours défaut, conduit tout droit le pays vers l’impasse.
Quelque part, on s’aperçoit que les intempéries, dépressions tropicales ou cyclones, qui s’abattent sur le pays et qui font vivre le calvaire et la tourmente à la population offrent, plutôt, au régime certaines opportunités. N’oublions pas que les dévastatrices intempéries durant la deuxième République étaient plutôt des mannes du ciel pour le régime, mis au ban de la communauté internationale et boudé par les bailleurs traditionnels, de Ratsiraka. En fait, elles avaient permis de renflouer en devises fraiches les caisses de la Banque centrale grâce aux aides d’urgence. Ainsi, pour les tenants du pouvoir, la ruine laissée par Ava donnerait aux dirigeants la possibilité de demander, exceptionnellement, aux Partenaires techniques et financiers (Ptf) d’accélérer les décaissements, sinon d’accéder à des fonds supplémentaires. La situation dramatique du pays offrirait, aussi, aux barons du régime l’opportunité de faire des « gestes de bonne volonté » pour apaiser, dit-on, le malheur des autres. Autant d’occasions s’inscrivant dans la ligne droite d’un calcul politique à l’approche de l’échéance de novembre 2018.
Ndrianaivo

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Taux de pauvreté en baisse - Un ministre paie 9 000 euros pour ses gardes du corps
  • Appel aux services d’Houcine Arfa - Le Président humilie les galonnés malgaches
  • Corruption de haut niveau - Un ex-maire roumain en fuite demande l’asile politique à Madagascar
  • Affaire Houcine Arfa - Trois tentatives de corruption de la Procureure de la République
  • Visas aux frontières - Levée de boucliers contre Ametis
  • Affaire Houcine Arfa - Les pénitentiaires demandent la libération de leurs pairs
  • Insécurité - Le propriétaire de « Kalidas » kidnappé en plein jour !
  • Décès de Léon Rajaobelina - La Présidence humiliée !
  • Présidence de la République La crise de confiance étalée au grand jour
  • Affaire Houcine Arfa - « Que le Bianco se saisisse des dénonciations ! »

La Une

Editorial

  • « Far West » 
    « Far West », littéralement « Ouest lointain », une riche et étonnante épopée relatant les fantastiques aventures des pionniers américains. En partant de l’Est en direction de l’Ouest, ils parvenaient à atteindre, au risque de leur vie, les côtes occidentales, celles de la Californie d’aujourd’hui. Une étape importante de l’Histoire des Etats-Unis se cadrant chronologiquement dans le XIXème siècle américain. Une période idyllique où les réalisateurs américains de cinémas n’ont pas raté de se faire des fortunes avec les célèbres films « Western » (Vers l’ouest). Les « shérifs », les représentants de la loi dans leurs localités avaient dû affronter, quotidiennement, les méfaits des « desperados » en provenance du pays voisin (Mexique) qui semaient la terreur. Ces « sans foi ni loi » pénétrèrent à l’intérieur des Etats du Texas, du Nouveau-Mexique ou de la Californie et agissaient en véritables maîtres.

A bout portant

AutoDiff