Publié dans Editorial

A l'agonie

Publié le mercredi, 10 janvier 2018

En ces temps-ci, la Grande île traverse une période très difficile et compliquée. Telle une patiente, entre la vie et la mort, soumise aux soins intensifs des Services de réanimation aux urgences. Meurtrie, la population ne sait plus où se donner la tête. En temps « normal », entre les périodes cycloniques de l'année à l'autre, elle subit les effets pervers de la pauvreté et de l'insécurité qui la harcèle à tout moment de la vie quotidienne. Dans le grand Sud, elle doit affronter, en sus, l'autre caprice de la nature : la sécheresse. Comme si l'enfer de la misère et la psychose de l'insécurité ne suffisent plus que voilà la population malagasy doit subir l'incontrôlable humeur de Dame nature avec la tempête dénommée Ava sur toute l'étendue du territoire national.

Les dégâts humains et matériels sont considérables. Avec l'incontinence des dirigeants au pouvoir, Dieu seul sait comment le pays va s'en remettre. Les infrastructures de base ont vu leurs assises ébranlées, sinon sapées. Les ouvrages d'art ainsi que les routes (nationales, provinciales et communales) sont les plus endommagés. Les ponts du Camp Robin, de Vohiposa d'Ambohimahasoa, d'Ambilobe ou de Brickaville et bien d'autres cédèrent « facilement ». Les voies de communication telles les routes pratiquement impraticables créent des ennuis incalculables aux usagers. Des centaines de voyageurs, pris au dépourvu, se trouvent bloqués quelque part et n'importe où. Les pluies abondantes emmenées par les rafales de vent inondent partout. Les surfaces cultivées comme les rizicultures accusent des coups durs. Elles sont submergées. La plaine de Betsimitatatra où se concentre l'essentiel de la culture du riz à Antananarivo en est l'une des victimes majeures. Ainsi, les productions qui s'annoncaient meilleures pour cette saison sont irrécupérables. Bref, c'est la galère nationale ! On dirait que le pays est à l'agonie !
Certains plaisantins, sans scrupule, se demandent si Madagascar ne serait sous le coup de la condamnation d'un mauvais sort venant d'en haut. Des fois, on est tenté, tant soit peu, de réfléchir à accorder un quelconque crédit au profit d'un tel délire. A preuve, le pays vient tout juste de se débarrasser d'une terrible épidémie de peste et voilà un impardonnable cyclone débarque, et ce, en espace d'un peu de temps. Et pour compléter le tableau, les titulaires du pouvoir à qui donc reposent l'espoir de renverser la tendance font montre d'ineptie flagrante. Leur incapacité à anticiper les éventuels effets délétères des aléas naturels saisonniers ou d'autres cause de vrais dégâts pour le pays. Les infrastructures stratégiques, par exemple, tels les ponts ou les routes desservant la Capitale avec les grandes agglomérations régionales, devraient bénéficier des attentions particulières étant entendu l'importance des trafics entre ces localités. A la moindre frappe de n'importe quelle intempérie et vu leur fragilité, tout s'écroule, sinon, se dégrade. Le cas du pont de Vohiposa nous suffit d'illustrer, clairement, la vulnérabilité de nos infrastructures suite, entre autres, aux négligences des autorités compétentes. A peine il y a deux mois, ce vieil ouvrage d'art s'effondrait sous le poids d'un mastodonte.
Et le pays vit sous le rythme de ces incongrues infrastructures de base, routes ou ponts, écoles ou hôpitaux, etc. Vieillottes et mal entretenues, elles ne supportent pas les moindres incartades. Rien ne devrait nous paniquer si le pays râle à l'agonie.
Ndrianaivo

1 Commentaire

  • Posté par Max
    jeudi, 11 janvier 2018

    Je ne sais pas mais moi j'crois en cette condamnation venue de Dieu. les Malgaches prient et prient vraiment rrop. Le lendemain, nous voila avec notre caractere de porcs...profiteurs, jaloux, experts en coup bas, bref une mentalite execrable pour des gens qui font des recitations a l'eglise. On merite peute etre ces malheurs qui nous arrivent, et parfois, moi meme je me dis.... vu la mentalite, mieux vaut qu'il y en ait encore plus....

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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