Publié dans Editorial

Sommet de la duperie 

Publié le lundi, 05 février 2018

 Du 22 au 29 janvier 2018 s’était tenue, à Addis-Abeba (Ethiopie), la 30ème session ordinaire du Sommet de l’Union africaine (Ua) dont le thème choisi fut « vaincre la corruption ». Les Chefs d’Etat et de Gouvernement réunis dans la Capitale éthiopienne, siège de l’Ua, s’engageaient unanimement à l’« assaut de la corruption ». Selon les différentes études des Organismes internationaux sur l’économie de l’Afrique, la corruption fait perdre des sommes colossales. Mme Vera Songwe, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea) affirme que la corruption détruit le quart de produit intérieur brut (Pib) du Continent. Akinwmi Adesina, président de la Banque africaine de développement (Bad), précise qu’elle (la corruption) est à l’origine du gap de 148 milliards de dollars. Tandis que les flux financiers illicites (Ffi), autre aspect de la corruption, font fuir à l’extérieur des sommes inouïes de l’ordre de 50 à 80 milliards de dollars. Rien que ces quelques chiffres qui ne sont que la partie visible l’iceberg, suffisent à indiquer de façon exacte la ruine provoquée par ce mal qui a, apparemment, encore de beaux jours devant lui. Evidemment, la corruption constitue la cause principale de la pauvreté en Afrique. 

 

Selon les indices de perception de la corruption (Ipc) établis par « Transparency International » (TI), une Ong allemande, certains pays africains figurent parmi les derniers dans le classement.  L’Afrique n’est pas à sa première tentative dans ce combat contre la corruption. En 2003, sous la pression de la communauté internationale, les principaux bailleurs de fonds dont, entre autres l’Union européenne (Ue) et l’Ua avaient manifesté leur volonté d’éradiquer ce fléau. Seulement, dix ans après, le Continent s’y enfonce davantage. Des pays qui, selon l’Ipc établi par TI de 0 à 100, affichaient une performance auparavant retombaient. Les  chiffres regrimpaient, depuis peu, et allaient au-delà de la barre fatidique de 50. Selon l’organisation  « International Finance Corporation » (Ifc), la performance diminue au fur et à mesure que le chiffre monte (0 à 100). Sur le plan mondial, les pays africains ne figurent, même pas, dans le top 30 (classement TI 2016). En effet, le Botswana, le 1er sur 50 en Afrique ne se trouve qu’au 35ème rang sur les 176 pays du monde et la Somalie est la dernière (50ème) en Afrique et dans le monde (176ème). Et la corruption, en véritable plaie, continue de sévir. Pour le cas de Madagascar, le constat de la TI est sans appel. Une corruption jugée « alarmante » envenime le pays. La Grande île ne cesse de régresser. De 2015 à 2016, l’Ipc a perdu 2 points (26 à 28) tandis que le classement de 22 places (123ème à 145ème). Au 30ème Sommet d’Addis-Abeba, tous les Chefs d’Etat et de Gouvernement avaient pris de fermes résolutions d’aller à l’assaut de la corruption, ce cancer qui mine dangereusement l’économie du Continent. Madagascar, par le biais de son Président, s’est engagé à une lutte sans merci. Des engagements de ce genre, il en avait déjà pris en 2014. Il l’a renouvelé, solennellement, en 2015. Cependant, les résultats restent décevants. En réalité, le pays recule ! Des dossiers brûlants et gênants demeurent non élucidés et risquent de l’être pour toujours. 

La 30ème session ordinaire de l’Ua ne s’apparenterait-elle pas à un Sommet de la « duperie » ?

Ndrianaivo

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Editorial

  • Problème d'éthique !
    En 15 +2 jours de la nomination du Premier ministre de consensus (PMC), la situation politique malagasy n'a rien évolué. Nommé le 4 juin 2018, Ntsay Christian n'est pas encore sorti de l'auberge. En dix jours d'existence, le Gouvernement tente, tant bien que mal, de démarrer.Sur la Place du 13 mai, la tension ne baisse pas.

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