Publié dans Editorial

Universellement reconnu

Publié le mercredi, 07 février 2018

Pour une fois, sans vouloir entrer dans la spirale d'une vaine et stérile polémique, il nous parait inévitable de clarifier certains points. Suite à une déclaration, à la presse, d'un membre de cabinet de la Primature comme quoi « la stabilité passe par la continuité ». Il ne nous appartient nullement à travers la présente colonne, de mettre en doute sur la compétence intellectuelle ni la valeur professionnelle de l'auteur de l'assertion. Nous ne voulons pas, non plus, remettre en doute la maitrise des arcanes de l'administration dont le Monsieur est capable mais il semble à nos yeux, pour éviter la confusion, qu'une précision s'impose.

Une bonne fois pour toute, il faut éviter le piège de l'amalgame dans l'esprit des gens. Devant l'ampleur de la rumeur d'un éventuel changement du Gouvernement ou d'un simple remaniement, pris de panique, le cabinet de la Primature tente de sauver le meuble et s'aventure à une acrobatie intellectuelle pour défendre une cause qui est, apparemment, perdue d'avance.
En fait, établir le lien de cause à effet sur la « stabilité » avec la « continuité » n'est pas du tout une erreur en soi. C'est une théorie hautement défendable seulement pour le cas d'espèce du contexte politique malagasy, en ce moment, il semble que Monsieur le conseiller spécial pèche en semant le trouble dans la conception des choses. En effet, on ne doit confondre « stabilité » avec « stagnation » et « continuité » par « incrustation ». Une eau dormante et stagnante diffère d'une eau paisible et limpide. Si la première est polluante et insalubre, la seconde une source potable. 
Quand l'équipe de la Primature se lance dans la bataille pour défendre son intérêt, à savoir, s'accrocher à Mahazoarivo on le comprend. A la rigueur, c'est son affaire ! Mais, quand on sème la confusion tout juste pour s'offrir l'occasion de se cramponner ou de s'agripper à son fauteuil, c'en est une autre.
Au regard porté sur les résultats de Monsieur Olivier Solonandrasana Mahafaly et à la Primature et au ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation, force nous est de relever la désolation. Rien que pour le volet insécurité auquel il s'était engagé, au moment où il avait pris les rênes du commandement à Mahazoarivo, de mettre un cran d'arrêt aussitôt qu'il faut. Un an et demi après ou plus, les résultats escomptés peinent à se manifester. Au contraire, l'escalade des violences assombrit le tableau. Le phénomène kidnapping « se porte » bien. Sans parler de la recrudescence des actes de corruption qui, au final, fait trébucher le pays et le glisse vers le bas-fond.
Qu'il soit clair, une stabilité acquise sous l'effet de mensonges, d'actes d'intimidation, de rétorsion ou par des coups de matraque et de gourdin, sinon, par la menace des balles réelles des Forces de l'ordre n'est jamais l'image d'une vraie stabilité. Il ne s'agit que d'une flibusterie. Et la continuité qui en découle, une illusion.
La démocratie, l'incontournable passage vers une stabilité authentique et reconnue par tous, s'érige en une unique assise solide sur laquelle on peut asseoir une continuité viable et acceptée. Monsieur le conseiller spécial et administrateur de votre état, sauf le respect que l'on vous doit, nul n'existe, ailleurs, en dehors ce concept universellement reconnu.
Ndrianaivo

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