Publié dans Editorial

Souvenir douloureux

Publié le vendredi, 09 février 2018

Sans tenir compte des disparus, une trentaine de personnes périrent à Antaninarenina dans la journée du 7 février 2009, sous les balles… réelles des éléments de la Garde présidentielle. Partie de l’historique Place du 13 Mai, ce jour-là, en direction du Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra Antaninarenina, une foule immense s’y trouvait piégée. Sans sommation, des tirs à balles réelles, de tous les côtés, « accueillirent » les manifestants. Neuf ans plus tard, les mémoires encore intactes font revivre l’évènement tragique et font ressentir une peine profonde à chacun. Cette mère de famille qui a perdu son fils, les larmes aux yeux, le cœur rétréci, n’arrive toujours pas à se consoler. Ce jeune garçon qui était en compagnie de sa grande sœur, ce jour-là, ne sait pas jusqu’à maintenant où est-ce qu’il  pourrait la retrouver. Les dirigeants du Mapar, formation politique de l’ancien président de la Transition Andry Nirina Rajoelina, lors du dépôt de gerbes à Antaninarenina le 7 février dernier, réclament l’application, à la lettre, de la décision de Justice à l’encontre du ou des auteurs de cette « tuerie du 7 février 2009 » à Ambohitsorohitra Antaninarenina.

Du sang a été versé, les coupables devront payer coûte que coûte de leurs actes ! Quoiqu’il dise, Marc Ravalomanana, l’ancien Chef d’Etat, ne peut pas se disculper de sa responsabilité. Etant entendu que les éléments armés de la Garde présidentielle aient en face d’eux des … hommes, lui, en tant que Chef suprême, était la seule autorité habilitée à donner des ordres à user des tirs à balles réelles. Devait-on rappeler que la foule présente sur le site n’avait que les mains vides.
Comme nous le savons tous, dans le droit universel et dans le cadre du respect des droits humains, tout acte criminel ayant coûté la vie à autrui est imprescriptible. Le coupable court à jamais la peine maximale. Message fort, d’ailleurs, adressé aux membres du « Conseil du fampihavanam-pirenena malagasy » (Cfm) que la réconciliation ne rime pas du tout avec l’impunité surtout, précisons-le encore, quand il s’agit des crimes du sang. Que mesdames et messieurs les conseillers ne confondent pas ainsi  « réconciliation » et « impunité » !
Si des observateurs avisés commencent à douter des réelles intentions des tenants du pouvoir, les proches et les familles des victimes  ne cachent plus leur impatience face aux tergiversations et aux manœuvres dilatoires. Il fut un temps où la garde des Sceaux annonçait que le verdict du Tribunal concernant l’ancien Président tenait toujours et que son arrestation reste valable. Cependant, le temps s’écoule, pas la moindre interpellation ! Et l’opinion attend… !Arrestation ou pas, on le sait qu’entre Ravalo et Rajao il y a quelque chose qui échappe, totalement, au commun des mortels ! En tout cas, entre « Diakona » de la même confession, tout n’est pas impossible. Il y aurait toujours une possibilité… Attendez-vous à des surprises. Et pas n’importe lesquelles. Qui vivra verra ! Neuf ans après, la suite à donner à l’ignoble massacre d’Antaninarenina, un crime contre l’humanité ou un génocide qui ne dit pas son nom, demeure incertaine. Aucun signe ne nous rassure que les coupables seraient, un jouir, punis. Les victimes, mortes pour la énième fois, et leurs proches meurtris dans des souvenirs douloureux n’ont qu’à se taire.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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