Publié dans Editorial

Panique viscérale

Publié le dimanche, 11 février 2018

 Panique générale ! L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) publiait, à travers son site web, un document de 1 000 pages faisant part les rapports détaillés des marchés publics de l’exercice 2016. Une activité de routine. A en croire aux chiffres détaillés dans ce document, le montant total des investissements débloqués s’élève  à 1 111 871 552 094,16 ariary. Veuillez excuser si la transcription en chiffres fait état des erreurs, vu le nombre « impossible » de zéros à considérer. En lettres : Mille cent onze milliards huit cent soixante et onze millions cinq cent cinquante-deux mille quatre-vingt quatorze ariary seize ! Faramineux ou exorbitant, quel est le terme exact pour l’exprimer ? A chacun de choisir ! Inutile d’insister, ici, sur les virulents commentaires des simples citoyens à travers les réseaux sociaux. Point n’est besoin non plus d’entrer dans les détails.

Une chose est certaine, il y a péril en la demeure. Panique à bord ! Pas une panique ordinaire, plutôt une panique viscérale, c’est-à-dire une angoisse qui atteint les profondeurs des entrailles du régime. De ces chiffres déballés sur la place publique, faux ou non, les tenants du pouvoir s’empressent de préciser, pour se dédouaner à la sauvette, comme d’habitude, qu’il s’agirait d’erreurs de transcription ou de saisie. Certaines incohérences, sinon des démarches illogiques émergent des explications des hauts responsables de l’Armp. En effet, selon le directeur général, Philibert Tovoherihavana, des erreurs ont été commises au moment des saisies. Des zéros de… trop transmis ! Mais de qui se moque-t-on ? Pour un service très sensible de l’espèce de l’Armp, appelé pour la majorité de son temps à traiter des chiffres de ce genre, comment peut-on admettre que de telles bourdes puissent-elles avoir lieu ? Comment peut-on concevoir, un seul instant, que les hauts décideurs aient pu accepter le service des incompétents ou distraits de leur espèce ? S’il vous plait, il ne s’agissait pas d’ « une » mais « des » erreurs. Est-il possible d’admettre que le fameux document avant publication n’ait subi d’aucune vérification, et ce, par étape des travaux effectués. Si ce n’est pas de l’amateurisme, Dieu que ça y ressemble! Sinon, peut-être, certains des agents, tout en sachant les erreurs dedans, voulaient le publier en l’état, tout juste pour étaler au grand jour la cuisine interne des dépenses publiques que nos barons se permettent de faire et d’attirer, par la suite, l’attention des contribuables de la manière avec laquelle l’argent public, fruit de leur labeur et de leur sueur, est géré. Nuance ! La panique dont il est question était provoquée non pas tellement du fait des erreurs de chiffres mais le fait que le pot-aux-roses fut découvert. Tout le monde suspecte depuis toujours le gaspillage du Trésor public par nos dirigeants. Des missions aux lourdes délégations à l’étranger sans cesse. Des dépenses d’institution exorbitantes. Des postes politiques « distribués » comme des p’tits pains. Des rémunérations et avantages, en nature et en espèce, sans commune mesure pour les membres de l’Exécutif, du Parlement et les Hauts emplois de l’Etat, etc. Tout cela sans aucune considération de la misère du pays.  Vrais ou faux, les chiffres donnent, au moins, l’idée de ce qui se trame à l’intérieur profond de ce régime, ce qui déclenche en fait la panique viscérale.

Ndrianaivo

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Editorial

  • L'amer à boire !!
    Non, ce n'est pas l'amer à boire ! La formation du nouveau Gouvernement dirigé par le Premier ministre de consensus Ntsay Christian nous colle toujours à la peau. Les commentaires positifs ou négatifs vont bon train. Les esprits s'échauffent.  Des déçus et des satisfaits ! Du nectar pour certains ! De l'amer à boire, pour d'autres ! Madagascar, telle une pauvre parturiente, gravement malade, qui consulta le sorcier du village, le seul guérisseur du coin, n'avait pas tellement le choix. Le « toubib », la HCC, lui recommanda une potion à avaler d'un seul coup. Un problème ! La potion magique est difficile à avaler. Mais, il fallait le faire. L'enfant risquait sa vie.

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