Publié dans Editorial

Pieds d'argile !

Publié le mardi, 13 février 2018

Rivo Rakotovao, président du « Hery vaovaon'ny Madagasikara » (Hvm), président du Sénat de son état, lors des assises régionales du parti à Toliary ou à Mahajanga, déclarait que le Hvm est le parti politique le plus grand et le plus puissant à Madagascar. Apparemment, il dit vrai ! Pour la simple raison qu'en étant un parti d'Etat, l'appareil étatique du sommet à la base fonctionne sous son emprise.

Les membres ou sympathisants du parti monopolisent les postes clés de l'Exécutif, présidence et gouvernement. Tous les nommés aux hauts emplois de l'Etat affichent, quelle que soit leur appartenance politique, leur allégeance.
Au sein de l'Administration territoriale, la domination du parti au pouvoir n'est plus un secret pour personne. Tous les 22 chefs de région se sont fait enrôler au parti et deviennent des partisans zélés aux cravates bleues. Les 112 chefs de Districts, s'ils ne sont pas des membres directs, ne nient pas leur sympathie et sont prêts à exécuter les « ordres » au moment opportun. A chacun de nous de deviner de quels « ordres » s'agit-il et dans quelle opportunité ! Sur les 1 395 Communes, plus de la moitié ont été élus sous la bannière du Hvm et beaucoup parmi le reste ont changé de camp, sinon ils font avec. A la base, les 17 544 chefs « Fokontany » se trouvent sous l'autorité de l'Exécutif, sous tutelle directe du ministère de l'Intérieur. Ils échappent, de la sorte, de la supervision directe des Communes. Bref, tout le monde est mis au pas sous le « commandement » du parti d'Etat. Ainsi, au vu de cet enrôlement massif et systématique à l'intérieur du rouage de l'Etat, on peut dire que le parti Hvm est grand.
Toutefois, qu'en est-il de la réelle puissance de la formation portant l'étiquette Hvm ?
D'abord à la base, il est difficile de reconnaître que la population, en général, adhère en masse à la cause du parti aux cravates bleues. Etant dit la cote de popularité d'un niveau dérisoire des tenants du pouvoir, il est du domaine de la rêverie de faire croire que les citoyens s'emballeraient pour se procurer d'une carte d'adhésion à ce parti. C'est le dernier, sans doute, des soucis des gens dans les « Fokontany ». Bien sûr, le chef « Fokontany » jouerait le rôle important d'enrôleur surtout au moment fatidique des scrutins.
Les principaux dirigeants du Hvm savent pertinemment que leur parti ne fait pas tellement de poids auprès de la population. Les différents regroupements régionaux effectués, soit à Toliary ou bien à Mahajanga ou à Toamasina, montraient à quel point la bannière bleue ne pouvait pas prétendre gagner l'assentiment du peuple. Le Hvm n'était pas parvenu à créer la ferveur ni l'enthousiasme de la masse populaire au moment voulu. Rivo Rakotovao et consorts ont dû faire appel à des racolages de gauche à droite pour garnir les gradins.
La récente « convocation » à l'hôtel Carlton des dirigeants des particules de partis politiques, selon un confrère, pour étoffer l'effectif, démontrait la vulnérabilité du Hvm, ce « grand » parti… au pied d'argile. Et l'état-major aux cravates bleues sentit le pire à venir. Le débarquement au pays du jeune dirigeant de l'Initiative de l'émergence pour Madagascar (Iem) n'arrange point l'affaire. Alors, aux abois, on fait appel à des fantoches et à des traîtres.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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