Publié dans Editorial

Nulle part !

Publié le mardi, 13 février 2018

Tel un bateau ivre, le bâtiment battant pavillon « Madagascar » erre dans les vagues en pleine mer. Ayant perdu le cap, sans repère ni amer, le navire tourne en rond nulle part. Le capitaine, le commandant à bord, perd le contrôle. Ne maîtrisant plus la situation, il s’amuse plutôt à des divagations délirantes ou à des gesticulations insanes. Et les passagers à bord, notamment les jeunes, totalement désemparés et désabusés, surtout désorientés, se livrent à des actes irréfléchis voire barbares.

 

Madagascar, ce bateau ivre, à la dérive, vogue dans le vague, sans direction précise. L’« Emergence 2030 », le copier-coller de la vraie, Initiative pour l’émergence de Madagascar (Iem), prêche dans l’absurdité et l’inconsistance des objectifs étant donné que le contenu a été confectionné à la hâte, tout juste pour devancer celle (Iem) que l’ancien mentor de l’homme au pouvoir devait annoncer le jour suivant. Du « n’importe quoi » (« peta-toko ») ! Tout va dans le sens méli-mélo !

L’occasion nous a été donnée, et cela à plusieurs reprises, de dénoncer les incohérences manifestes à l’intérieur de ce régime. Des rappels à l’ordre que les tenants du pouvoir snobent au point de tout foutre en l’air.

A tout seigneur tout honneur, en premier lieu, donc, c’est au cœur même du poste de commandement du régime qu’on se désole de constater le désordre, sinon le désaccord. La vie de « couple » entre les deux têtes de l’Exécutif s’évanouit. L’entente entre Iavoloha et Mahazoarivo n’est plus que façade. Pour leur part, les rivalités entre « princes » s’éclatent sur la place publique. Le courant ne passe plus ! Les maladresses de communication viennent s’ajouter pour accentuer la mésentente. Et le pays piétine dans une boue vaseuse.

Le commun des mortels, au bas de l’échelle, tel un évadé des cachots, par des gestes insensés, court dans tous les sens, se précipite dans le vide. L’essentiel étant d’échapper aux griffes des bourreaux. La pauvreté et l’insécurité, principales détractrices, le coincent de façon atroce. Les citoyens complètement égarés, incapables de discerner les repères de la vie, cherchent désespérément le chemin à suivre. De cet imbroglio découlent des comportements indécents, inconscients, voire barbares. En effet, le barbarisme débarque et détruit tout ce qui se hasarde en travers de son passage. Par ces temps-ci, on ne se suffit plus d’abattre quelqu’un, tout simplement, pour une raison ou une autre. Le crime va plus loin ! On démembre le corps. On décapite la victime sans forcément avoir des mobiles apparents. Un plaisir plus que machiavélique, très troublant ! Bref, on foule aux pieds le droit à la vie. Dans l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, promulgué par le soin des Nations unies en 1948, ce droit à la vie trône en priorité.

Dans les dédales de la vie sociale ou sociétale, on perd le sens de la moralité ainsi que celui de respect à autrui. On n’est plus capable de faire la différence entre le bon et le mauvais. Par les temps qui courent, existe-il d’ailleurs cette différence ?

Le régime dans tout ce cafouillage tire l’épingle du jeu. La situation chaotique arrange son jeu. Lui-même (le régime), dénué d’un programme préalablement établi, navigue à vue. Et la nation toute entière erre nulle part.

 Ndrianaivo

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Editorial

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