Publié dans Editorial

Dans l’eau !

Publié le mardi, 13 mars 2018

Incroyable mais vrai ! Du jamais vu ! L’aéroport international d’Ivato inondé ! De mémoire d’homme, Ivato n’a jamais connu un tel désastre ! Durant les 25 ans de gestion de l’Aéroport de Madagascar (ADEMA) dont faisait partie celui d’Ivato, aucun passager en partance ni à l’arrivée n’avait jamais pataugé dans l’eau ni devait enlever les chaussures à l’intérieur du site. 

L’ADEMA avec ses maigres redevances portuaires parvenait à gérer, autant que se peut, les aéroports de Madagascar. Et Ivato n’en déméritait point. A en juger et à comparer avec les gros moyens dont dispose le nouvel acquéreur, le Consortium « Ravinala Airports » et de ces nouvelles et excessives redevances portuaires, de 20 à 38 euros, qu’il imposait dès la prise de charge, c’est la déception, la déconfiture ! Une situation frisant le scandale. Fallait-il signaler ici le coup dur que l’ADEMA dut subir suite à cette concession. Il a dû se priver de 90 % de ses ressources. Coup de massue, aussi, à l’encontre du tourisme national avec l’augmentation des frais de voyage, et pour cause, cette révision à la hausse des taxes à l’arrivée et au départ de l’aéroport.

Le 9 juillet 2015, l’Etat malagasy et le Consortium « Ravinala Airports » signèrent une convention de concession de l’aéroport international d’Ivato et de l’aéroport de Fascène de Nosy Be. Par cette convention, l’ADEMA cédait à « Ravinala Airports », étant le nouvel acquéreur, la gestion de ces deux aéroports. La convention durera 28 ans. Un des symptômes qui témoigne le retour effectif et en puissance des grands capitaux de la Mère patrie à Madagascar. Une revanche de l’Histoire ! En effet, humiliés en 1972 et chassés trois ans après (1975), les Français durent quitter dare-dare et abandonner leurs intérêts à Madagascar. La vague de malgachisation, réclamée à tort ou à raison par la rue, venait à compliquer la situation. Elle signait l’arrêt de mort de la langue de Molière. Ainsi, à travers la signature de cette Convention de concession et la reprise en main de la Compagnie nationale Air Madagascar par l’Air Austral (La Réunion), la France émit un signal fort, à qui veut le savoir, de son « come- back » réussi. Tout compte fait, les secteurs-phares que la France avait perdus en 1972 (transports aériens, les grandes distributions, les banques, les services, etc.) ont été récupérés.

La mission attribuée au Consortium, le nouveau propriétaire d’Ivato et de Fascène, consiste à « moderniser et mettre aux normes » les infrastructures de ces aéroports-phares. Si le début de la prise en main par « Ravinala Airports » commençait le 7 décembre 2016, la pose de la première pierre des travaux, quant à elle, démarrait le 9 juin 2017. Tous les espoirs étaient permis ! Une fierté que les deux parties claironnaient à tout vent !

Plouf ! L’aéroport international d’Ivato… dans l’eau ! Des pluies diluviennes survenues dans la nuit du samedi 24 et du dimanche 25 février inondèrent le célèbre aéroport international ! Du jamais vu dans les annales de cette « porte d’entrée » de Madagascar. En tout cas, les explications techniques fournies par le directeur des opérations, Jean Luc Meyts, ne convainquent personne. Une bourde décevante !

La mission de moderniser et de mettre aux normes serait-elle un leurre ou… dans l’eau !

Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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