Publié dans Editorial

Mission impossible

Publié le mardi, 13 mars 2018

Les choses sérieuses commencent. A huit mois du premier tour de la présidentielle, l’ambiance politique entre dans sa phase d’ébullition. Les esprits s’échauffent. Bien que l’arbitre n’ait pas encore donné le coup d’envoi, le match … commence déjà. Jusque-là, les joueurs avec en tête le « capitaine Rajao », portant les maillots bleus, occupaient seuls la pelouse pour s’échauffer. Seul maître sur terrain, ce capitaine donne l’ordre aux « officiels du match » d’interdire les « autres » de pouvoir s’échauffer aussi. Coup de théâtre, à la surprise générale, un capitaine d’équipe suivi par ses coéquipiers a pu débarquer sur terrain. Favori parmi les favoris, Andry Nirina Rajoelina, leader de la Révolution Orange de 2009, ancien président de la Transition, dont le charisme politique demeure intact, n’a rien à envier des « autres ». Zandrikely choisit la partie Nord de l’île, la ville d’Ambilobe, pour son tout premier contact avec le peuple après les quatre années d’absence ou de retrait du pays. Un premier face-à-face qui faisait carrément le plein. Effectivement, plein à craquer, le stade municipal d’Ambilobe, la ville dans laquelle Assimo Bruno étant le maire élu (MAPAR), contenait difficilement une foule en délire. La rencontre fut chaleureuse.


Le succès de Rajoelina à Ambilobe, terre des Ancêtres de Zafy Albert, n’est point le fruit du hasard ni un simple concours de circonstance favorable. Il s’agit de l’aboutissement d’un travail minutieux et laborieux de l’équipe MAPAR-TGV de longue date sur terrain. Est-il nécessaire de rappeler ici que, historiquement parlant, la partie septentrionale de l’île, le Triangle du Nord, a été toujours une région rebelle face à tous les pouvoirs qui s’étaient succédé dans le pays, et cela, depuis la royauté merina. Radama, le père, à partir de 1817, éprouvait toutes les difficultés à soumettre les royaumes des Antakarana, des Tsimihety et un peu plus en bas, à l’ouest, ceux des Sakalava. Gallieni, le Gouverneur général, connut le même tracas pour le « pacifier ». N’oublions pas que Jean Ralaimongo récoltait un franc succès dans cette partie de l’île. La première République, non plus, n’échappe pas à la règle. L’« Antokon’ny Kongresin’ny Fahaleovanten’i Madagasikara (AKFM), le parti d’opposition de l’époque, dirigé par le jeune pasteur Andriamanjato Mahitsison Richard, avait un ancrage sérieux dans la Région du Sava actuel. Faut-il le souligner, enfin, que l’infatigable opposant, le Professeur Zafy Albert, vient de cette belle contrée du Nord, Ambilobe. Bref, le Nord fut et reste l’éternel insoumis. La Révolution de 2009 reçut un écho favorable auprès de l’élite politique du Nord. L’ancienne province d’Antsiranana jusque dans les zones limitrophes de Sofia regorgeait de militants acquis à la cause du MAPAR-TGV. Rien qu’à voir les succès des élections législatives- sénatoriales et des municipales ! Archicomble, le stade d’Ambilobe accusa, preuve à l’appui, le soutien indéfectible du peuple au leader du MAPAR-TGV. L’initiative d’Andry Rajoelina pour l’émergence de Madagascar y trouve un appui plus qu’utile. L’IEM séduit ! Mais, la contre-offensive du régime ne va pas tarder. Le rouleau compresseur des caciques du HVM est en marche. En mauvais perdants, Rivo Rakotovao et ses acolytes préparent des coups vaches à l’endroit de ceux qui ont « contribué » à la réussite de cet évènement historique. L’équipe d’Iavoloha va tenter, le tout pour le tout, d’effacer la trace. Une mission impossible selon des observateurs avisés !
Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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