Publié dans Editorial

En péril !

Publié le jeudi, 22 mars 2018

Danger imminent ! Le tableau des indicateurs nationaux voit rouge. L'environnement politique broie du noir. Le pays s'expose à une autre catastrophe, cette fois-ci, d'allure socio-politique et d'une capacité de destruction incontrôlable. Le pays est en péril. Il y a tout juste un an, en mars 2017, un terrible cyclone baptisé Enawo balayait la Grande île du Nord au Sud. Le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) enregistrait d'importants dégâts humains et matériels. Le bilan qui ne cesse de s'alourdir tournait, en fin de compte, autour de 81 morts, 253 blessés et 430 000 sinistrés.

Tout près de chez nous, présentement, la tempête tropicale qui vient de sortir de l'île le dimanche 18 mars a fait au moins 7 morts, 10 292 sinistrés et 2 415 personnes déplacées. Les dégâts matériels sont énormes notamment en infrastructures de base (routes, maisons d'habitation, écoles,…).
Et comme si ces catastrophes naturelles ne suffisent pas, les dirigeants politiques du pays sont en train de créer un autre « cyclone » ou « tempête tropicale » aussi violent et destructif, et même plus, que ceux précédemment cités. Madagascar se trouve dans l'œil du cyclone.
A l'Assemblée nationale, le débat portant sur l'adoption du nouveau Code électoral crée des vagues et des remous. Une séance houleuse annonçant un mauvais présage pour l'avenir de la Nation.
Les députés proches de l'opposition, par une conférence de presse tenue la veille, le lundi 19 mars, devait annoncer la couleur. Ils avaient pris la responsabilité d'alerter l'opinion nationale sur la dangerosité de ce Code que le Gouvernement veut faire adopter, coûte que coûte, à Tsimbazaza.
Fidèle à son principe et à son mode opératoire, à savoir le forcing et la pratique des mallettes, le régime HVM espère faire passer les projets de loi organiques relatifs aux élections comme une lettre à la poste. Mais le « truc » n'a pas fonctionné comme prévu ! Les députés MAPAR et TIM, soutenus par d'autres sensibilités, ont réussi, tard dans la journée du mardi 20 mars, à bloquer la machination diabolique ou machiavélique. Certes, les caciques du HVM ne s'arrêteront pas à mi-chemin.
Le nouveau projet du Code électoral révèle, par sa teneur, un caractère contre-productif, et cela, à plus d'un titre. De par sa nature délétère, il risque de saper les intérêts supérieurs de la Nation. Non seulement ce Code entre en contradiction avec l'esprit de la Constitution, il va conduire aussi le pays tout droit vers le chaos. Au stade où nous en sommes, personne n'a aucun intérêt à faire plonger le pays dans une nouvelle crise quelle qu'en soit la forme.
Le régime, ayant échoué in extremis à faire adopter les projets de loi organique relatifs aux élections, a réussi, une fois de plus, en un tour de forcing, à ajourner la séance de mardi. Le temps pour les stratèges aux cravates bleues de peaufiner la trame. Une troisième session extraordinaire se profile à l'horizon.
En attendant la sonnerie donnant le coup d'envoi de l'éventuel  3ème « round », il appartient à chacun, notamment les 151 élus que composent l'Assemblée nationale, de bien méditer sur le poids de leurs responsabilités. IL ne faut jamais vendre son âme pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes. L'avenir du pays, manifestement en péril, repose sur vos épaules !
Ndrianaivo

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Editorial

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