Publié dans Editorial

Vent en poupe

Publié le lundi, 09 avril 2018

Une rafale de vent de plus en plus violente balaye l’Afrique et semble bousculer quelques pays de certaines vieilles pratiques néfastes pour l’émergence du continent. Les effets « dévastateurs » commencent réellement à se faire sentir. Reconnue unanimement par le concert des éminents experts comme étant berceau de l’humanité, l’Afrique traîne toujours à la queue mais les choses commencent  à bouger. Paléontologues et généticiens s’accordent à conclure que l’homme moderne tel que l’on connait aujourd’hui serait apparu, pour la première fois, en Afrique. 

 

D’une superficie totale de 30.415.873 km2, le 3ème continent le plus vaste du monde et d’une population totale de 1,2 milliard d’habitants, deuxième après celui de l’Asie, l’Afrique en dépit d’énormes potentialités humaines et naturelles peine à décoller son économie. Les pays les plus pauvres du monde s’enregistrent parmi les Etats africains. Selon les analyses et constats des experts de différents organismes internationaux, deux fléaux principaux se trouvent à la base du profond malaise qui sévit le continent : la mauvaise gouvernance et la corruption. D’éminents économistes de divers horizons sont unanimes pour pointer du doigt la négligence et le manque de fermeté des dirigeants africains vis-à-vis de la gestion de l’argent public. Détournements, fraudes, blanchiments, etc, sont devenus des pratiques courantes. Mais, la corruption constitue la plaie ouverte qui affaiblit, cruellement, l’économie du continent. Selon l’IPC (Indice de perception de la corruption) du Transparency International, l’Afrique est la région du monde la plus mal classée. Chaque année, environ 148 milliards de dollars, soit 25% du PIB total, quittent le sol africain et vont grossir les caisses des pays riches et paradisiaques. Quelques pays dont la performance économique accuse un essor évident sortent du peloton et font preuve d’engagement ferme pour lutter contre ce fléau qu’est la corruption.  En Angola, le nouveau président Joao Lourenço montre son courage et sa ferme volonté d’attaquer l’establishment Dos Santos. Les enfants de Jose Edouardo Dos Santos, l’ancien Chef d’Etat et mentor du nouveau ont été écartés, sans ménagement, des instances stratégiques qu’ils ont occupées à l’époque du président-père. Et le toilettage du régime suit son parcours.

A  l’Ile Maurice, la présidente Ameenah Gurib-Fakim,  la seule descente d’Eve Chef d’Etat en Afrique a été contrainte de déposer sa démission suite à une affaire de corruption. Accusée d’avoir utilisé à des fins personnelles une carte bancaire fournie par l’ONG PEI (Planet Earth Institute) Ameenah, sous la pression du Gouvernement, n’a d’autres choix que  partir. En Afrique du Sud, Jacob Zuma, englué dans une affaire de corruption avec le groupe français Thalès, fut obligé de se diriger vers la porte (la petite) de sortie. Le vent en poupe, le combat contre la corruption dans ces quelques cas engage la vitesse supérieure. Il y en a d’autres mais nous nous limitons à ces exemples encourageants.  Et Madagascar dans tout cela ! Un vent contraire souffle et fait des ravages. Le régime-HVM cultive et entretient, à fond, le jardin des malversations financières. Un funeste vent en poupe, nauséabonde, par une terrible rafale détruit tout sur son passage. Racket et manœuvres frauduleuses, le tout dans une ambiance générale de corruption, enveniment toutes les activités du régime. Tout se vend et s’achète ! La morale républicaine et l’éthique d’un Etat de droit sont tristement bafouées.  

 Ndrianaivo

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Editorial

  • La Ville des mille, méconnaissable
    Antananarivo, la Capitale de Madagascar, végète dans un état lamentable. Ternie et enlaidie par les incuries des dirigeants, régime HVM et élus TIM confondus, elle est méconnaissable. Andrianjaka, le grand roi de 1610 à 1630, le tout premier souverain de l'Imerina, fonda Antananarivo, la Ville des mille, et le fit Capitale du Royaume. D'Ambohimanga, Andrianjaka se déplaça à Ialimanga ou Analamanga pour s'y installer.Antananarivo, la Ville des mille colons ou des mille guerriers audacieux (les Tsimilefa) qui ne périrent pas en une journée, « Arivo lahy, tsy maty indray andro », Capitale royale et plus tard Capitale de Madagascar, gardait toujours sa belle réputation, son rayonnement et son charme.

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