Publié dans Editorial

L’éternel otage

Publié le vendredi, 13 avril 2018

 A la fin des années 70, le peuple américain, à l’époque du président Jimmy Carter,  vivait l’un des pires moments de son existence. En effet, le 4 novembre 1979, 400 étudiants prirent d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran et réussirent à prendre en otage les 52 membres du personnel auxquels s’ajoutèrent trois autres pris dans les locaux du ministère des Affaires étrangères. Ils ne seront libérés que le 20 janvier 1981 soit 444 jours de captivité. Pour rappel, l’élément déclencheur de cette grave crise fut l’hospitalisation du Shah d’Iran Mohammad Reza Palhavi, réfugié au Mexique, à New-York le 22 octobre 1979.

 

Depuis la chute de la première République, en mai 1972, le peuple malagasy demeure l’otage des crises politiques cycliques. La Nation toute entière, secouée par les troubles répétitifs, peine à se relever, et cela, jusqu’à ce jour. Drame sur drame, dirigeants au pouvoir et hommes politiques de tout bord, ne parviennent pas à se débarrasser de la malédiction sinon du cercle vicieux de la crise …sans fin. Ainsi, telle une bête en captivité, le peuple malagasy, confiné en tenailles entre, d’une part, les vicissitudes des sempiternelles crises et les dures conditions d’existence dominées par la misère extrême, de l’autre, le peuple perd les pédales.  Depuis  1972, les malagasy végètent dans une mare de pauvreté sans pouvoir se redresser, vu la complexité des situations. Les tenants du régime, visiblement inaptes à relever le défi, plongent le pays dans l’abîme de la déliquescence à tel point qu’on perde tout espoir de redressement. Totalement impuissant, voire, réduit en simple spectateur devant la ruine de son peuple, le citoyen lambda s’égare et erre en direction de nulle part. Les jeunes, dans ce mis-mac insaisissable et en prise à une profonde angoisse, s’interroge sur son avenir. 

Otage vivant de cette conjoncture troublante et perdue dans les dédales de la confusion politique, la population se désole qu’aucune voie digne de confiance ne lui soit soumise pour le faire sortir de l’imbroglio. Elle subit des pires formes  d’abus allant des abus de pouvoir aux abus de confiance en passant par les abus d’ordre physique dont les jeunes filles mineures et les femmes, épouses surtout, en sont les premières victimes. Pour atterrir, enfin, aux abus de la puissance publique, notamment, en cette veille des élections.  En somme, le peuple n’a aucune autre issue que de se contenter de vivre, à sa manière, son …mal-être. Aucune chance ni possibilité, pour elle, que de se soumettre. Seulement, toute chose a sa fin. Il ne faut pas que les tenants du pouvoir et les véreux hommes et femmes politiques s’amusent à croire que le peuple accepterait, sans limite, leurs âneries. Il faut toujours se méfier de l’eau qui « dort ». Une explosion sociale prend, souvent, au dépourvu !  C’est pour cette raison que différentes voix se lèvent pour mettre en garde tous les acteurs politiques, dirigeants et le microcosme social-politique confondus, du pays. La Société civile monte infatigablement, au créneau. La solidarité syndicale met en garde. Et même les Officiers supérieurs et généraux retraités, normalement soumis à l’obligation de réserve, ne peuvent plus se taire. Il y a péril en la demeure ! Car prendre en éternel otage son peuple conduirait, irrémédiablement, le pays vers un chaos sans précédent !

 Ndrianaivo

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Editorial

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