Publié dans Editorial

Redoutable épidémie

Publié le mardi, 17 avril 2018

Madagascar, en 2017 à partir du mois août, fut le théâtre d’une terrible épidémie, la peste, qui fit d’énormes dégâts humains. Le bilan final, selon l’OMS en coordination avec le Ministère malagasy de la Santé publique, s’élève à plus de 200 morts et des milliers de cas détectés et traités. Notons que cette intenable épidémie dont la période d’évolution s’étale d’août en mai de l’année qui suit persiste dans certains endroits de l’île. Il existe des foyers résistants qui font de Madagascar l’un des derniers pays d’Afrique où la peste n’a jamais été entièrement éradiquée. L’épidémie de 2017, a été particulièrement virulente. Pour cause, la défaillance, imprudence et la négligence notoires des responsables publics, notamment, ceux du Ministère de la Santé publique.

Mais, une autre forme d’épidémie aussi redoutable que celle de l’année dernière frappe le pays, et ce, de façon permanente.  Elle persiste et garde toujours sa capacité de nuisance. En fait, il s’agit de l’épidémie du pouvoir. C’est une dangereuse maladie qui gangrène le corps entier du régime. Elle attaque, tout particulièrement, le cerveau ou la « tête pensante » de l’Etat. Le locataire d’Iavoloha, en dépit d’une médiocre et flagrante impopularité, persiste et signe à s’accrocher au pouvoir. Pour ce faire, il utilise toutes des astuces vulgaires et éhontées. En cette veille des grandes échéances électorales, pour se maintenir au pouvoir, les tenants du régime multiplient les  modes opératoires barbares et ne se privent point du plaisir à utiliser les méthodes de l’autre siècle. C’est bien dommage que les Forces de défense et de l’ordre, censées défendre les personnes et leurs biens, acceptent de jouer le… macabre jeu du régime. Ils obéissent aveuglément aux délétères ordres d’Iavoloha ou de Mahazoarivo. Les autres Institutions dont l’indépendance vis-à-vis de l’Exécutif est formellement garantie par la Constitution se prostituent avec. Pourtant, elles doivent agir en toute liberté pour honorer le jeu de l’équilibre des pouvoirs. Malheureusement !
L’horrible épidémie semble atteindre aussi d’autres secteurs importants du pays. En effet, l’épidémie du pouvoir frappe de plein fouet le sport malagasy. Le football, le sport-roi, en est victime. Il a fallu que l’instance suprême, la Fédération internationale du Football amateur (FIFA), intervienne et tape sur la table pour mettre les « points » sur les « i ». Elle met en garde la Fédération malagasy du Football (FMF) sur les risques de dérive de violation des sacro-saints principes pour l’élection de nouveaux membres du Comité exécutif national. Dans sa « lettre de recommandation », la Secrétaire générale, Fatima Samoura, remise à la FMF en date du 11 avril 2018, la FIFA remet ouvertement en question la démarche entreprise, jusque-là, par la FMF dans le processus d’élection de nouveaux dirigeants. Elle a pris en considération les plaintes déposées par certaines ligues. Pour ne citer que celles de la Haute-Matsiatra, de Vatovavy Fitovinany (V7V) ou de Bongolava. Prise de court, la FMF tente le tout pour le tout en essayant de maintenir, coûte que coûte, les résultats déjà en mains. Mais, l’instance suprême ne baisse pas les bras et continue de maintenir la pression.
La soif du pouvoir et l’entêtement de s’y raccrocher est une implacable source de grave maladie. Une redoutable épidémie que le peuple tout entier se doit de veiller comme la prunelle de ses yeux.
Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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