Publié dans Editorial

Le mensonge d’Etat

Publié le jeudi, 19 avril 2018

Richard Yung, sénateur français de « la république en marche », de passage au pays, déclarait à l’issue d’une interview qu’il avait accordée à un quotidien de la place que « la France n’a pas de candidat ». Une déclaration qui laissait évasifs et perplexes les analystes des relations existant entre la France et l’Afrique les cinquante dernières années. Certains même la qualifient de dilatoire. En fait, Mr Yung corrobore ce que le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron, annonçait devant les étudiants burkinabé à Ouagadougou le 28 novembre 2017 selon lequel « qu’il n’y avait pas de politique africaine de la France ».

Ce parlementaire, un pur « zana-tany », ayant passé sa jeunesse et fait ses études primaires et secondaires au pays (Lycée Gallieni, Tanà) s’aventure à dresser le nouveau visage du nouvel homme de l’Hexagone et « s’amuse » à calmer les esprits surtout dans cette ambiance surchauffée.
Depuis le Général De Gaule, à la fin des années 50, la France appliquait la politique de « diplomatie parallèle » dans la gestion des relations avec les anciennes colonies d’Afrique. L’Elysée mit en  place une Cellule spéciale dirigée par Jacques Foccart, le Conseil pour l’Afrique du président français, Charles De Gaule. Foccart avait eu la haute main sur tous les dossiers et traitait d’égal à égal, sans passer par le Quai d’Orsay, avec les dignitaires africains. Un système occulte que l’on appelle, ironiquement, « Françafrique ». Les pays d’Afrique Occidentale Française (AOF), de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) et ceux de l’Afrique orientale comme Madagascar gèrent leurs affaires internes en fonction des intérêts supérieurs de la Mère-patrie, la France. Tout est dicté par Paris et rien ne se fait sans l’aval sinon la bénédiction de la France.
Cinquante ans après, le système « Françafrique » demeure. A quelque nuance près, la France en tant qu’ancienne puissance coloniale dispose de la première main pour tout ce qui concerne les affaires de l’Afrique francophone. L’arrivée au pouvoir du socialiste François Hollande semble modeler un nouveau visage à la Françafrique mais le fond reste le même. C’est toujours la France qui prend l’initiative des questions cruciales qui touchent ses anciennes « ouailles ».
Maintenant, le nouveau Chef de l’Etat, à la barre, déclare que la France change de bord. Désormais, elle ne s’immisce plus dans  les affaires internes des autres en particulier celles des Etats souverains de l’Afrique. Des questions se posent, quand même,  la France va-t-elle vraiment lâcher l’Afrique ? Oserait-elle franchir le Rubicon et laisser à l’Afrique le soin de mener seule sa barque? En termes clairs, la France va-t-elle se désintéresser de tous les grands intérêts investis dans le Continent noir, et cela, depuis la « nuit des temps ». Trop beau pour être vrai !
Madagascar, l’un de ces pays francophones où la France mise beaucoup, pourrait-il vraiment échapper de la tutelle de l’Elysée. En ce temps où le pays se trouve à la croisée des chemins, il est pratiquement inconcevable que la France laisse passer les opportunités qui s’offrent pour placer son pion. La vraie question qui s’impose lequel de ces candidats potentiels bénéficierait-t-il de son choix ?
Dans tous les cas de figure, il s’agit d’un mensonge d’Etat de faire croire que la France se mettrait à l’écart.
Ndrianaivo

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