Publié dans Editorial

Le plus dur reste…

Publié le mardi, 05 juin 2018

Effectivement, le plus dur reste à faire ! Pas de temps à perdre, passons aux choses sérieuses. Le premier et le plus difficile test qui attend le nouveau Premier ministre (PM) réside dans le montage de l'équipe gouvernementale. Tous les observateurs de s'interroger : le désormais ancien représentant du Bureau international du travail (BIT) saura-t-il composer avec son « partenaire obligé », le MAPAR qui, au passage, rappelons-le, l'avait fait roi et le reste au sein des 73 députés. Ayant obtenu la majorité à l'Assemblée nationale aux élections de 2013, la formation politique de l'ancien président de la Transition, Andry Nirina Rajoelina, le MAPAR suivi de près du TIM, du MMM et certains Indépendants composeront l'ossature principale du Gouvernement.

Tout doit jouer dans le cadre précis, initialement, prévu par la Décision de la HCC portant n° 18-HCC/D3 du 25 mai 2018. Si la première étape, la nomination du PM de consensus, à l'issue d'un accord politique, s'effectua selon les « consignes » de l'article de 4 de ladite Décision, il faut maintenant passer à l'étape suivante, à savoir la composition des membres du Gouvernement. Un exercice acrobatique non évident. Sur ce, la Décision de la HCC notamment l'article 7 est nette et sans ambiguïté. Le président de la République nomme, selon l'article sus-mentionné, les ministres de la souveraineté sur la base d'une clé de répartition convenue avec les forces politiques, proportionnellement aux dispositions de l'arrêt n° 11-CES/AR 14 sus-visé. Ce privilège revient de droit aux 73 députés de l'opposition. Le HVM, étant inconnu du bataillon au moment des faits, est exclu.  Les élus du MAPAR, du TIM, du MMM, du « Hiaraka isika » et des Indépendants acquis à la cause pour le changement, vont se tailler de la part du lion. Bye bye, pour le tout-puissant HVM ! Adieu veau, vache, cochon… !
Toutefois, la tâche du nouveau Chef du Gouvernement ne sera pas aisée. Entre le marteau et l'enclume, Ntsay Christian doit se livrer à une acrobatie, parfois, dangereuse. Un grand écart à exécuter comme il se doit, avec brio ! Au-dessus de sa tête, il y a le Président de la République qui reste, en chair et en os, à sa place et a son mot à dire, ne serait-ce que la... signature à apposer. A ses côtés, la place du 13 Mai qui manifeste son intransigeance à toute tentative « douteuse » et qui veille au grain dans le processus de mise en place de la nouvelle équipe. Et en bas, le peuple qui n'entend pas non plus tout gober. Fallait-il dire que la marge de manœuvre du nouveau locataire de Mahazoarivo est réduite, sinon fortement limitée. Du moment qu'il a accepté le poste, il a dû bien peser les risques à prendre. En tout cas, osons-nous espérer qu'il saura comment procéder.
Rappelons toujours que ni les arrivistes ou parvenus de tous les bords (les « mpijapy train ») ni les « mpamadika palitao » et encore moins des recalés du Gouvernement Mahafaly n'auront jamais droit de siège à cette nouvelle recrue dirigée par Ntsay Christian. Que les choses soient claires là-dessus ! Autrement, ce sera l'explosion partout dans le pays.
Attention ! Le temps presse. Des travaux d'Hercule, de Titan, attendent les nouveaux dirigeants. Oui, le plus dur reste à faire !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Au boulot !
    Et maintenant, au travail. Sauf quelques rares exceptions, tous les Départements ministériels ont effectué les passations de service nécessaires pour que les nouveaux désignés puissent entrer en fonction. Certes, pour certains cas à problèmes dont on connait les raisons, les syndicats suivis de l'ensemble du Personnel du ministère concerné ne baissèrent pas les bras. En fait, il s'agit pour la plupart des « nouveaux-anciens » patrons ou des redoublants dont la réputation fait honte à l'intégrité et à la crédibilité de la haute charge de l'Etat. Leur présence effective au nouveau Gouvernement viole la teneur de la Décision du 25 mai de la HCC.

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