Publié dans Editorial

Intérêts aux antipodes !

Publié le jeudi, 07 juin 2018

Le Premier Ministre, nouvellement nommé, aura fort à gérer des intérêts diamétralement opposés. Le concept de consensus, en lui-même, admet l’existence des positions pas forcément conciliables. Deux camps s’affrontent. D’une part, le régime encore en place qui, malgré l’injonction de la HCC par le biais de la Décision n° 18-HCC/D3 à laquelle Rajao n’avait pas eu le choix, tente de jouer le malin. Le fait que Mahazoarivo échappe au contrôle effectif de Iavoloha, le Chef de l’Etat ne se décourage pas pour  s’accrocher. Les barons HVM tentent par tous les moyens, avec le peu qui leur reste, de faire la pression.

 

De l’autre, le camp des 73 députés  du changement, principaux fers de lance du mouvement sur la Place du 13 mai soutenus par un élan de contestations populaire, ne lâche pas prise. Inoxydables, ils maintiennent le cap et ne comptent point d’un seul instant à céder le pas. Ntsay Christian, entre ces deux aux antipodes, se livrent à une acrobatie de grand  écart. Au moindre faux pas de sa part, il risquerait d’être « écartelé ». Les 73 députés de l’opposition que le PM avait reçus en audience le mercredi, en fin d’après-midi, quelques heures seulement après la passation, ont tenu au cours d’un face-à-face franc et sincère à clarifier la règle du jeu. Déjà victimes d’une trahison, absolument inacceptable et pour que cela ne se produise plus, ils (les 73 députés, en particulier ceux des MAPAR) tenaient à rappeler qui, peut-être de façon indirecte à Monsieur le Premier Ministre, l’avaient fait…roi. Par voie de conséquence, il n’est plus question qu’on leur marche dessus ! Aussi, fallait-il insister que l’ossature du Gouvernement doit, obligatoirement, refléter la clé de répartition suivant les  résultats des élections législatives de 2013 proclamés par la Commission Electorale Spéciale (CES) selon l’Arrêt n°11-CES/AR.14 du 6 février 2014. Des dispositions dictées par l’Art. 54 de la Constitution et en conformité aux Avis de la HCC portant n° 01-HCC/AV du 17 février 2014. De toute façon, l’Art. 7 de l’irrévocable Décision de la HCC le précisait bien. Le non application de cadre juridique impliquerait à un conflit ingérable. En somme, l’intérêt majeur des députés pour le changement en osmose avec celui de la majorité, silencieuse ou non, se joue à la réussite de la mission du Gouvernement, à savoir, l’organisation parvenue à terme de l’élection présidentielle selon la « règle de l’art ». Le camp d’Iavoloha, pour sa part, royalement écarté par les 73 députés de l’opposition tente de se remettre et sauver ce qui peut l’être. Soyons directs qu’il n’est du tout dans l’intérêt de Rajao de voir la réussite de Ntsay et son Gouvernement. Un hypothétique échec l’arrange au plus haut niveau. Une élection exécutée dans les normes universellement reconnues, libres et transparentes, ne sert jamais l’intérêt des barons aux cravates bleues.  Leur souhait, inavoué, serait d’éviter un scrutin anticipé. Déjà, Rajao ferait tout pour retarder, sinon, bloquer le processus de publication de la liste des nouveaux membres du Gouvernement de consensus. Une tactique diabolique à déjouer !

En définitif, des intérêts aux antipodes que le PM de consensus et le Gouvernement d’unité nationale, selon certaine presse internationale, vont devoir faire preuve d’intelligence et de compétence afin de contenir, magistralement, les contradictions en jeu.

 Ndrianaivo

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Editorial

  • Au boulot !
    Et maintenant, au travail. Sauf quelques rares exceptions, tous les Départements ministériels ont effectué les passations de service nécessaires pour que les nouveaux désignés puissent entrer en fonction. Certes, pour certains cas à problèmes dont on connait les raisons, les syndicats suivis de l'ensemble du Personnel du ministère concerné ne baissèrent pas les bras. En fait, il s'agit pour la plupart des « nouveaux-anciens » patrons ou des redoublants dont la réputation fait honte à l'intégrité et à la crédibilité de la haute charge de l'Etat. Leur présence effective au nouveau Gouvernement viole la teneur de la Décision du 25 mai de la HCC.

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