Publié dans Editorial

Le bout du tunnel !

Publié le mardi, 12 juin 2018

Soit ! Le Gouvernement Ntsay Christian est mis sur les rails. Après de durs marchandages, d'âpres tractations et même parfois de vilains crocs en jambe sinon des leurres, le Cabinet du Premier ministre de consensus voit le jour. Du genre hybride, le nouveau-né laisse planer, quand même et jusqu'à preuve du contraire, un doute. Quelque part un goût amer se fait sentir. Mais, il faut reconnaitre que le bout du tunnel apparait non loin à l'horizon. Et honnêtement, il donne aux nouveaux nommés l'occasion de montrer ce qu'ils ont dans les entrailles. Leur offrir la possibilité de prouver qu'ils sont capables d'assumer leurs nouvelles responsabilités, complexes et difficiles. Etant donné que c'est un Gouvernement né d'un accord politique, il faut toujours admettre qu'il pourrait y avoir une « salade » de personnalités et bien sûr garder l'espoir que les objectifs mis en avant seront atteints. Sinon … !

Tout a commencé un samedi 21 avril 2018. Les élus parlementaires des six Arrondissements de la Capitale assistés de leurs confrères et consœurs de l'opposition à l'Assemblée nationale voulaient rendre compte de leurs activités en tant qu'élus sur le parvis de l'Hôtel de ville devant leurs électeurs. Les autorités par le biais du préfet d'Antananarivo leur signifiaient une fin de non- retour. Le pouvoir central qui y voyait, comme d'habitude, un acte de déstabilisation l'interdisait catégoriquement. Seulement, les députés, au nombre de 73, en première ligne, les élus MAPAR et TIM persistèrent et signèrent. La logique d'affrontements fut inévitable. La manifestation se soldait par des effusions de sang. Des morts et blessés ont été constatés sur la Place emblématique du 13 mai. Et le pays entra de nouveau dans la spirale de la crise politique. Le spectre de 2009 planait. Le régime HVM, toujours enclin à user de la force, n'eut qu'à faire des valeurs démocratiques et des droits humains, par ces méthodes répressives, réprimait. En face, les militants ainsi que les formations syndicales  ne reculèrent jamais. Le bras de fer s'intensifie. Le mouvement atteint le pays tout entier.
Les 73 parlementaires arborant le titre de « députés pour le changement », déposaient auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) réclamant le départ définitif du Chef de l'Etat, Hery Rajaonarimampianina. En manquant la mise en place de la Haute Cour de Justice, il est passible de sanction extrême selon l'Art. 167 de la Constitution. Vu l'indifférence et l'intransigeance de Rajao qui ne voulait rien savoir, le pays s'engage malgré lui dans une aventure et s'engouffre dans un tunnel où l'on n'entrevoit pas le bout.
Un mois, jour pour jour, après la date du dépôt de la requête des 73 députés le 25 avril, les Hauts conseillers d'Ambohidahy ont bien voulu en donner une suite quelque peu favorable. Par la Décision n° 18-HCC/D3 du 25 mai, la HCC trancha. En gros, elle donna 10 jours au Chef de l'Etat de dissoudre le Gouvernement et procéda, sans tarder, à la nomination d'un nouveau Premier ministre de consensus ainsi que les membres du nouveau Cabinet. Par respect strict de l'injonction de la HCC, l'installation du nouveau Gouvernement Ntsay s'effectua hier lundi 11 juin 2018, en début de soirée. Ainsi, quoiqu'on dise, le bout du tunnel est enfin visible. Au travail, Mesdames et Messieurs !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Coudées franches.
    Réunie en séance privée dans la matinée du mercredi 13 février 2019, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) déclara conforme à la Constitution la loi 2019-001 autorisant le président de la République à légiférer en lieu et place du Parlement, et pour cela, dans un cadre bien déterminé pour  un temps limité. Rappel, le nouveau Chef d’Etat Rajoelina Andry Nirina, évitant tout risque d’un vide institutionnel pouvant bloquer les actions d’urgence du Gouvernement, soumit au Parlement une loi l’autorisant à légiférer par ordonnance en l’absence du parlement. Au final, les deux chambres ont voté la loi 2019-001 soumise par l’Exécutif. En effet, le 1 er février, l’Assemblée Nationale  l’adopta par une large majorité. Tandis que, le Sénat fit de même le 5 février. Ainsi, sollicitée par le président, pour le besoin du contrôle de constitutionnalité, la HCC décida la  conformité de la loi votée et prit le soin de délimiter le…

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