Publié dans Editorial

Le chasseur… !

Publié le mardi, 10 juillet 2018

Le lendemain reste, à jamais, incertain pour l’homme. En dépit des projets d’anticipation, aussi précis et bien ficelés soient-ils, il y a toujours une part d’inattendu ou d’incertitude ou même de risque. Dans tout ce qu’il compte faire, l’homme doit toujours s’attendre à des imprévus malencontreux. « Ny tampoka tsy maha-lehilahy », dit-on. En effet, dans la plupart des cas, le pauvre homme limité et souvent imprudent, quelle que soit l’intelligence dont il serait capable de faire preuve, bute à de mauvaises surprises.

Le régime HVM, ne se méfiant de rien dans tout ce qu’il entreprend, trop sûr de son pouvoir absolu et trop imbu de son orgueil, concoctait un ensemble de projets de lois organiques visant à écarter tout adversaire politique de taille et à assurer la victoire aux prochaines élections ou toute autre consultation populaire. Des projets de lois verrouillés au profit des tenants du pouvoir et taillés sur mesure aux gabarits et aux intérêts personnels du parti d’Etat, le « Hery vaovao ho an’ny Madagasikara » (HVM). Ainsi, des postulants potentiels verraient leur candidature refusée. Du moins, ils auraient des complications dans l’établissement de leurs dossiers respectifs. Ils rencontreraient des problèmes durant les campagnes électorales surtout pour les précampagnes.
Par des méthodes barbares collées à ce régime et que tout le monde le sait, les projets de lois organiques, anachroniques et anti-démocratiques, ont été adoptés aux votes des deux Assemblées parlementaires. Corruption et forcing, outils par excellence des barons aux cravates bleues, faisaient leurs méfaits. En dépit de virulentes contestations des députés de l’opposition (MAPAR, TIM, MMM et des Indépendants), les projets de lois passèrent et ont été promulgués. La Haute Cour constitutionnelle, mises à part quelques timides remarques, valida les stupides trois projets de lois organiques sur les régimes généraux des élections.
Des consignes ont été données aux autorités locales (chefs de Région, préfets et chefs de District) pour empêcher toute manifestation publique à caractère politique initiée par les leaders politiques de l’opposition. Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina payèrent à prix fort à leurs tentatives d’organiser des meetings. A Mahajanga, le 30 mars, l’ancien président de la Transition connut la mésaventure d’un meeting raté. De même pour l’ancien Chef de l’Etat Ravalomanana à Ambalavao-Tsienimparihy. Il subit l’interdiction d’entrée dans la localité. Seul le Chef de l’Etat, en exercice, grâce aux maudites lois organiques nouvellement votées, par des inaugurations des « zava-bita », pourra s’offrir le luxe d’organiser des manifestations publiques qui, en fait, prenaient l’allure de précampagnes sinon de vraies propagandes électorales.
Seulement voilà, les tenants du régime, ne se doutant de rien et sous-estimant la détermination et la ténacité des députés de l’opposition qui refusaient, sans relâche, lesdits projets de lois organiques, vont connaître des revers. Le 21 avril, sur le parvis de l’Hôtel de ville à Analakely, les élus de Tanà-ville projetèrent de faire des rapports d’activité auprès de leurs électeurs, concernant justement ce Code électoral adopté au forcing. On connait la suite. Le Gouvernement Solonandrasana tombe et avec lui, les lois anti-démocratiques.
Du coup, le régime affaibli ne pourra plus satisfaire ses « caprices ». Pris dans leur propre jeu, les maîtres absolus du HVM se cassent la gueule. Arroseur arrosé, plutôt chasseur chassé, le Chef de l’Etat n’a eu qu’à s’en mordre les petits doigts.
Ndrianaivo

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Tournée IEM dans la SAVA - Andry Rajoelina répond à ses détracteurs
  • Manifestation des enseignants - Le Premier ministre voit des dessous politiques
  • Présidentielle et législatives - Le HVM en ordre dispersé
  • Mouvement « Fanarenana ifotony » - Des réunions douteuses dans les Fokontany
  • Maître Willy - Razafinjatovo alias Olala « Le HVM veut me faire taire »
  • Election présidentielle - Les appels à la candidature d’Andry Rajoelina se multiplient
  • Journée internationale - Nelson Mandela L’amnésie du président Hery Rajaonarimampianina
  • Revendications syndicales - Christian Ntsay interpelle ses ministres
  • Soupçons de corruption à Tsimbazaza - 7 députés encourent une arrestation
  • Période électorale - Vers un verrouillage à double tour de la RNM et TVM

Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

A bout portant

AutoDiff