Publié dans Editorial

Manichéisme inapproprié

Publié le dimanche, 09 décembre 2018

La vision manichéenne des choses consiste en  une conception basée sur le dualisme entre le bien et le mal. En fait, il s'agit d'une religion ancienne professée au départ par Mani (III è siècle après J.C.) en Occident et qui s'était rependue plus tard en Asie et en Extrême-Orient. En quelque sorte, on s'inspirait du fondement de la religion judéo-chrétienne selon lequel il existe un Dieu (l'image du bien) qui s'oppose au Satan (le mal).

D'aucuns s'étonnent quand un candidat ose emprunter ou exploiter cette conception manichéenne des choses pour asseoir l'ossature de sa campagne électorale. Ce candidat, quelque peu dévergondé voire déluré, avance que l'élection de second tour est le combat entre le « bien » et le « mal ». Un duel entre le bien et le mal ! Mais de qui se moque-t-on ! Pour qui se prend-il ?Evidemment, le candidat n° 25 qui clame sur le toit ce manichéisme déplacé revendique la posture du ...bien ! Et l'autre, par conséquent, le n° 13, le ...mal ! Quelle effronterie ! C'est le monde à l'envers !

Marc Ravalomanana, il est bien question de lui, le candidat n° 25, il prend tout le monde pour des ...cons, du moins canards sauvages. Quand il ose se donner la caricature réelle du « bien », alors là, il va trop loin et dépasse la limite de la raison sinon du ...bien. D'après ce que l'on croit savoir sur son parcours personnel, le sieur Ravalomanana se trouve complètement en dehors du cadre moral de la délimitation du terme « bien ». Des déclarations nettement insensées, déplacées ! Du délire d'un fou aliéné (rediredin'adala) ! A moins que l'on se livre à une nouvelle approche de ce qu'on entend par « bien » et à une nouvelle définition du concept du « mal ». C'est une démarche trop philosophique voire trop subtile pour le n° 25 et abstraite à laquelle une campagne électorale n'a rien à voir ! Le peuple attend des deux candidats admis au deuxième tour des propositions concrètes, palpables et réalisables dans l'immédiat.

Quand on ose véhiculer sur la place publique des thèmes qui grignotent le domaine de la morale, d'abord, il faut le mériter. Un Ravalomanana qui se couvre l'habit d'un « homme bien » et prétend l'être dépasse l'entendement. On perd totalement le Nord !

A l'époque où le candidat n° 25 tenait les rênes du pouvoir (2002-2009), il éprouvait le malin plaisir de faire souffrir son peuple. Il excellait particulièrement dans les expropriations abusives des meilleurs terrains appartenant aux paysans cultivateurs, dans la monopolisation de grands secteurs d'activité à forte valeur ajoutée, dans les oppressions inhumaines des opérateurs économiques osant tenir tête à son empire. Des « délits » graves émaillèrent le régime TIM du dictateur. Jusqu'à ce jour, il n'a pas daigné reconnaitre ses erreurs ni demander publiquement pardon. En tout cas, Marc Ravalomanana est tout sauf d'être bien. Et il ne change pas !

A propos des parcours politiques et professionnels  de la plupart des éléments qui rejoignirent  le camp du n° 25 pour le second tour, force est de constater qu'ils trainent de lourds antécédents qui vont certainement plomber l'envol de leur poulain.

Que Ravalo cesse cette macabre comédie et enterre ce manichéisme inapproprié !

Ndrianaivo

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  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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