Publié dans Editorial

Et les indécis ?

Publié le lundi, 10 décembre 2018

La campagne électorale pour le second tour du 19 décembre entame la deuxième et dernière semaine. Tous les observateurs et simples citoyens s’accordent à dire qu’on est dans la phase décisive et irréversible devant sceller le sort du scrutin et l’avenir de la Nation. Selon le chiffre annoncé par la Commission  électorale nationale indépendante (CENI) à travers les résultats officiels provisoires et corroboré par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dans le cadre des résultats officiels définitifs, le taux de participation s’élève à 53,95%. Soit, un taux d’abstention de  l’ordre de 46%. Ce qui revient à dire que quelque 4.000.000 de votants, inscrits sur la liste électorale, ne se sont pas déplacés! Un chiffre assez élevé quand même ! Un nombre non négligeable qui risque de mettre en péril ou compromettre la légitimité de l’élu surtout au cas où il se confirmerait ou au pire s’il s’aggrave au second tour. L’abstentionnisme est le pire ennemi de la démocratie !

Une scélérate volonté à ne pas user de son droit le plus absolu que la Constitution offre royalement à tous les citoyens, en âge de se l’approprier. Cette indifférence dans les affaires nationales ou politiques met en danger le processus de conscientisation, un garant de l’évolution positive de la vie nationale. Quand un citoyen ne se sent pas concerné au moment où le pays tout entier négocie une étape décisive qui va marquer l’avenir comme l’élection du Président de la République, il y a péril en la demeure. A tel point que l’abstentionnisme se tailla la part du lion des scores en général. C’est totalement inacceptable quand un compatriote libre se prive, soi-même, au même titre qu’un bagnard  de son droit civique suprême. Au terme du premier tour, la publication par la CENI ainsi que la HCC des résultats du vote firent état des chiffres particulièrement alarmants relatifs au nombre des bulletins nuls et blancs. Trop de dégâts portant, au final, préjudice aux décomptes des voix.Une organisation saine de l’élection ainsi que des décomptes réguliers ou fiables des voix auraient épargné le pays d’un fastidieux et coûteux second tour. En cette campagne pour le second tour, l’enjeu majeur consiste à convaincre les « indécis » et les « hésitants » à prendre en mains la destinée de la Nation. Tous les votants inscrits ont l’obligation de s’acquitter de leur devoir et se donner la peine d’aller voter. Certes, à Madagascar « aller voter » n’est pas « une obligation officielle » pour un citoyen comme c’est le cas par contre dans certains pays comme le Brésil, mais à chacun de se sentir impérieusement conscient sinon concerné de son devoir civique. Pour un scrutin décisif, il ne faut jamais laisser à d’autres le soin de décider à votre place ! Pour le candidat n° 13, Andry Nirina Rajoelina (ANR), il ne lésine point sur les moyens d’amener à la raison les indécis. Le « mouvement des votes blancs » n’a aucune raison d’être. En réalité, il s’agit d’une démission, pure et simple » de la raison. ANR tente, jusqu’au dernier moment, de rallier les futurs abstentionnistes à sa cause : l’IEM. Mener une bataille pour reconduire les indécis sur le bon chemin est un défi noble.
Ndrianaivo

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Editorial

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