Publié dans Politique

Exploitation aurifère de Soamahamanina - Des arguments peu convaincants des défenseurs du projet

Publié le mardi, 13 septembre 2016

Les défenseurs du projet de Soamahamanina ne voient décidément que le bout de leur nez. Pour tenter de défendre le bien-fondé du projet, un groupement composé « des vrais propriétaires terriens, de petits exploitants et de la société Jiuxing Mines » est sorti de son silence hier.

Dans une déclaration publiée dans la presse locale, les partisans du projet d’exploitation aurifère ont souligné « être tristes et avoir honte en entendant les mensonges véhiculés ces derniers mois ». Ces soi-disant propriétaires de terrain à Soamahamanina  soutiennent en outre ne pas avoir subi de pression pour accepter la location mensuelle de leur terrain occupé par la firme chinoise. 

« La société est en règle avec tous les permis requis pour l’exploitation et respecte son cahier de charge », a noté ce groupement. Les défenseurs du projet ont dénoncé des fausses informations diffusées sur cette exploitation.  Des projets de développement pour la localité seraient programmés, notamment en matière d’approvisionnement en électricité et en eau, d’équipement du Csb 2 local, de réalisation d’un complexe sportif, de construction de centre de santé et d’infrastructures scolaires. Un calendrier précis des activités a été  établi. En quelque sorte, une contrepartie. Signalons que la compagnie chinoise détient les pièces nécessaires, un permis d'extraction minière et un permis environnemental, pour extraire de l'or, de l'argent, du fer, du plomb et du zinc, pour une durée de 40 ans. Après  la réalisation de ces projets sociaux, qui seront terminés dans une durée relativement courte, qu’en sera-t-il des nombreuses années restantes pendant lesquelles le projet durera ? Le débat porte en effet sur les retombées pérennes de ce genre d’exploitation. 

Inadmissible

Quel sera l’impact économique à long terme de l’exploitation minière ? Outre ces projets sociaux, quels sont les autres apports du projet Jiuxing Mines sur la population locale ?  Il s’agit de ne pas répéter les mêmes erreurs que dans le passé avec les grandes exploitations minières d’Ambatovy ou de Qmm. Faut-il encore rappeler que les ressources minières ne sont pas renouvelables. Et pourtant, des sociétés comme Jiuxing Mines vont exploiter le terrain pendant 40 ans. Les personnes qui défendent ces projets ont-elles conscience de cela ? Sous d’autres cieux, le public aurait été informé du montant des investissements engagés et des volumes qui seront exploités. Le public aurait surtout été informé des parts des bénéfices escomptés qui doivent respectivement revenir à l’investisseur étranger, à l’Etat et aux travailleurs malagasy. Des points qui semblent avoir été occultés par les défenseurs du projet dans leur communication. 

Par rapport aux pourcentages, qui doivent être minimes, réservés à l’Etat, on se demande quelle sera la partie reversée à la Commune, à  la Région, à la Province d’où seront extraites ces richesses minières ? Ces questions mériteraient des réponses avant de s’engager dans ce genre de projet. Ce serait en effet inadmissible qu’un Gouvernement brade  les richesses de son sous sol qui ne sont pas renouvelables sans que les citoyens n’en tirent un profit durable. Les projets d’extraction minière, surtout aurifère, à Madagascar alimentent les discussions. Antsohihy, Mananjary, Anjozorobe, pour ne citer que ces localités, créent la polémique. Parmi la pléthore de projets, celui de Soamahamanina en particulier continue d’être sujet à controverse actuellement. Les éléments apportés par ces défenseurs de Soamahamanina montrent que les apports du projet chinois sont négligeables et pourraient encore être améliorés. 

A.R.

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Editorial

  • Corporatisme et impunité
    Lors de la « Concertation nationale des grands responsables de la Police nationale tenue à Ivato (CCI) le 20 août 2019, le Premier ministre Ntsay Christian sort de ses gonds. D’habitude conciliant dans ses interventions publiques, le Chef du Gouvernement n’a pas pu retenir la colère face à la défense exclusive et parfois aveugle des intérêts professionnels constatée au sein de la Police nationale. Ntsay a tapé sur la table ! Il dénonce le comportement corporatiste qui frise l’impunité dans les rangs des Forces de l’ordre.Néanmoins, le scélérat geste le moins que l’on puisse dire de la Police nationale n’est seulement le fait de cette unité des Forces de l’Ordre, le regrettable comportement s’enregistre malheureusement aussi chez d’autres Corps de métier et qui s’apparente à une tendance généralisée à asseoir l’impunité en tant que système. De l’immunité parlementaire. Les largesses que la Loi fondamentale donne jouissance à un parlementaire préoccupent le citoyen…

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