Publié dans Politique

Vindictes populaires - Conclusion hâtive du Premier ministre !

Publié le mercredi, 09 novembre 2016

Alors qu’aucun juge ne s’est encore prononcé dessus, le Premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier, devant la presse, a évoqué des dessous politiques derrière la série de violences et de vindictes populaires qui ont secoué le pays dernièrement. Lui de citer particulièrement les émeutes de Mampikony, samedi dernier. Interrogé au cours d’une conférence de presse dans ses bureaux à Mahazoarivo, hier en fin de matinée, le chef du Gouvernement est revenu sur cet épisode.

« C’est déjà politisé à Mampikony » a soutenu sans ambigüité le numéro Un de l’Exécutif et non moins ministre de l’Intérieur. « Il y a les élus qui viennent là justement pour dire aux gens qu’il ne faut pas accepter, qu’il faut brûler les bureaux de la Jirama et du chef District. Mais à quoi ça rime. Ça ne sert à rien de privilégier la violence. Je voudrais regarder en face ces gens qui incitent la population à la violence. Est-ce vraiment de véritables patriotes ? Franchement je ne sais pas », lance-t-il, en français dans le texte.

Et lui d’aller plus loin en pointant du doigt, sans les citer nommément, des « gens » qui veulent gouverner le pays, qui critiquent, qui disent que rien ne va plus dans le pays et qui veulent remplacer le Gouvernement, qui incitent la population à la « désobéissance civile et à la violence ». « Ce n’est pas normal. Il faut que ces gens-là se regardent devant le miroir et se demandent s’ils sont dignes de gouverner ce pays », a martelé le Premier ministre.

« Laissons la Justice faire son travail. Les gens qui ont commis ces genres de violence vont être punis », dit-il. Dans cet extrait de la conférence de presse du chef du Gouvernement, on est en droit de se demander d’où tire-t-il l’information relative à « la politisation » de ces manifestations ? Le Premier ministre n’est-il pas en train d’anticiper ainsi sur le travail de la Justice qui, seule, devrait dire s’il y a des manipulateurs « politiques » ou non ? Au cours d’une visite à Vohipeno, réagissant aux évènements qui ont eu lieu ces derniers temps dans cette partie Sud-est du pays, notamment le lynchage d’une femme à Mananjary, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a également mis du sien.

Le Chef de l’Etat indique en effet que « Nous ne devons pas céder face aux menées déstabilisatrices, comme nous ne devrions pas verser dans le non-respect de la vie humaine, du bien commun ainsi que de la Justice ». De la part de personnes qui se définissent comme respectant l’Etat de droit, ces propos sont plutôt surprenants. D’autant plus que les enquêtes, si tant est qu’elles ont réellement été ouvertes, n’ont pas encore délivré leur verdict. Pour les observateurs, les dirigeants étatiques semblent être dépassés par l’ampleur des évènements et prennent le raccourci le plus rapide, en dénonçant « la politisation ».

 

Recueillis par L.A.

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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