Publié dans Politique

Gestion démocratique de la foule - Les Forces de l’ordre malgaches à côté de la plaque

Publié le vendredi, 25 novembre 2016

Il est décidément difficile pour les Forces de l’ordre malgaches de mettre en pratique les théories reçues en formation sur la gestion démocratique de la foule. Des chefs militaires et hauts responsables de la sécurité publique à Madagascar sont initiés à cette notion, de plus en plus populaire, dans les démocraties occidentales, entre autres. Mais comme il s’agit d’initiation, certains auraient peut-être besoin d’études approfondies. Il y a lieu de peser un peu plus sur cet aspect problématique des libertés publiques chez nous face aux menaces exhibées par les têtes pensantes de l’Etat-major mixte national chargé de veiller aux grains avant, durant et après le présent Sommet de la Francophonie à l’endroit de quiconque désirant le saper.


Une de leurs cibles principales sera le Mouvement pour la liberté d’expression (Mle) qui envisage d’organiser ce matin, de 8 h 30 à 10 h 00, à proximité du site du Village de la Francophonie à Andohatapenaka, Antananarivo, une chaîne humaine. Les autorités interdiront certainement cette manifestation qui sera taxée de non-autorisée, donc « illégale », comme à l’accoutumée, et les troupes armées seront ordonnées à la réprimer sans aménité. Par ailleurs, des mesures dissuasives étaient déjà annoncées bien avant la tenue du Sommet. En tout état de cause, il est grand temps de crier haut et fort que le respect de la démocratie et celui de la liberté d’expression font partie des valeurs au fondement de la Francophonie.


Contraire aux principes de la Francophonie


Interdire toute manifestation citoyenne pacifique, c’est aller à l’encontre des principes fondamentaux de ce Sommet qui a toute sa sacralité aux yeux du pouvoir étatique de Madagascar. Lors de rencontres de haut niveau, les gens sont d’habitude autorisés à se manifester librement que ce soit devant des lieux hautement protégés par les militaires comme les différents sièges des Nations unies. Par exemple, lors de la COP 21 à Paris en décembre 2015, des activistes venant des quatre coins du globe étaient même incités, sous le regard attentionné des agents de sécurité des Nations unies, à crier, tapager, palabrer à tue-tête juste régulièrement à quelques mètres seulement de la salle de réunion des hauts responsables en train de discuter de l’Accord de Paris. D’autres mouvements similaires étaient également organisés dans les rues parisiennes, sous la Tour Eiffel, sur la place Trocadéro…


Le but était de faire entendre la voix des victimes du réchauffement climatique pour que les responsables des Gouvernements dans le monde prennent des mesures qui s’imposent. Finalement, l’Accord tant attendu était acquis in extremis. Cette culture de l’écoute constitue encore un manque flagrant dans la démocratie balbutiante à Madagascar. Ici, les bombes lacrymogènes et les balles à blanc voire réelles sont beaucoup plus parlantes que les bouches humaines. Les dispositions de l’ordonnance régissant le maintien de l’ordre ne sont même pas respectées par les Forces de l’ordre qui sont presque toujours en posture d’illégalité, elles aussi, face aux citoyens désarmés à cause de multiples abus perpétrés par les tenants du pouvoir.
Manou Razafy

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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