Publié dans Politique

Assaut contre la radio Jupiter d’Ilakaka - L’Etat voyou dévoile son vrai visage

Publié le vendredi, 09 décembre 2016

L’agglomération d’Ilakaka, en raison de la manière avec laquelle elle est apparue, fut comparée à un moment à ces villes du farwest américain qui poussaient comme des champignons. Ce à quoi viennent de s’y livrer les autorités locales pour museler la radio Jupiter n’est rien d’autre que du pur western. Il semblerait bien que, une fois la conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar terminée avec le résultat que l’on sait, le pouvoir en place montre son vrai visage. Un Etat voyou qui ne respecte même pas les règles qu’il a lui-même édictées.


Car quels que soient les reproches qui auraient pu être émis contre la radio Jupiter, les autorités d’Ilakaka n’avaient nullement le droit de faire main basse sur les matériels de cette station privée. Au regard du nouveau Code de la communication, pourtant répressif à l’excès, une telle mesure, si vraiment elle s’imposait, devrait s’inscrire dans le cadre d’une procédure judiciaire. Sans compter que, à la manière avec laquelle les Forces de l’ordre se sont pris pour faire ce véritable hold-up (sans le moindre mandat), on a surtout l’impression d’avoir affaire à une expédition punitive. Dans tous les cas, cela n’a rien à voir avec une procédure judiciaire.
Et c’est totalement à raison que notre confrère Fernand Cello, propriétaire et journaliste de la radio braquée, a pris la précaution de prendre la fuite. Car avec de telles forces de répression sans foi ni loi, il n’était nullement à l’abri d’une arrestation arbitraire, suivie d’un tabassage en règle, voire une exécution sommaire qu’on mettra par la suite sur le compte d’une tentative de fuite.  Un tel déchaînement de violences est parfaitement du domaine du possible, étant donné que c’est à toute une mafia étatique que le journaliste et sa station se sont attaqués et c’est d’ailleurs ce qui leur a valu d’être dans le collimateur des autorités locales, presque dans leur intégralité.


Coup de pied dans une fourmilière


A rappeler en effet que le lanceur d’alerte Fernand Cello et non moins membre actif du Mle, sans complaisance comme à son habitude, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation de non-droit totale qui prévaut dans cette localité d’Ilakaka. C’est ainsi qu’il a dénoncé la société dénommée Gondwana qui se livre à des activités d’exploitation minières sans justifier du moindre permis officiel. Pire, n’étant soumis à aucun cahier des charges environnementales, cette société hors-la-loi a irrémédiablement pollué le seul cours d’eau où la population locale  puisait pour ses besoins de la vie courante. Or, il se trouve que la société Gondwana en question est sous la protection d’autorités locales ainsi que de personnalités proches du Chef de l’Etat, pour ne pas dire qu’elle appartient à ces dernières. Autant dire que Fernand Cello et la radio Jupiter ont donné un coup de pied dans une fourmilière.


Le pire reste sans doute à venir pour les journalistes de l’opposition en particulier et pour les opposants en général. Car il semblerait bien qu’après les récents événements internationaux qui se sont succédé (Comesa, Francophonie, conférence des bailleurs et investisseurs), le pouvoir en place est persuadé de bénéficier du soutien inconditionnel et sans limite de la Communauté internationale et se croit désormais tout permis. A tout le moins, les dirigeants actuels estiment que cette dernière ne lèvera pas le petit doigt face à leurs dérives du moment que celles-ci sont dirigées contre l’opposition.
Hery M.

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Editorial

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    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

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