Publié dans Politique

Remaniement éventuel - Quel avenir pour le ministre Jean-Jacques Rabenirina ?

Publié le vendredi, 23 décembre 2016

Une question se pose de façon naturelle parallèlement au nouveau feuilleton « Assemblée nationale-parti Vondrona politika miara-dia - Malagasy miara-miainga (Vpm-Mmm) » quant au sort réservé au ministre de la Culture, de la Promotion de l’artisanat et de la Sauvegarde du patrimoine, Jean-Jacques Rabenirina, surtout si remaniement sera comme beaucoup l’ont susurré ces dernières semaines.


Titulaire d’un doctorat en anthropologie sociale et culturelle, ce natif de Betioky-Atsimo dont il était en 2013 élu député de Madagascar, sous la bannière de cette entité politique, a rejoint l’actuelle formation gouvernementale pour remplacer Dr. Brigitte Rasamoelina qui a été mutée au Sénat en devenant sénatrice de Madagascar. Avant cela, il était ministre du Travail et des Lois sociales, puis celui du Tourisme et de la Culture sous le premier mandat de Marc Ravalomanana (2002-2006) pour le quota du parti « Asa vita no ifampitsarana » (Avi) de l’archi-célèbre faiseur de rois Norbert Lala Ratsirahonana et avait servi également sous la Transition (2009-2014). C’est pour dire qu’il s’agirait d’une oie noire.


Retournement de veste


Jean-Jacques Rabenirina, avec, entre autres, l’ancien secrétaire général de l’Avi Laurent Ramaroson, a défroqué son vieux habit politique contre un tout neuf du Vpm-Mmm aux législatives de 2013. Ce parti a obtenu 15 sièges à l’Hémicycle, ce qui représente 9,93 % de ses membres. Dans le sillage de la constitution de la factice majorité présidentielle controversée à Tsimbazaza, le parti a fini par se scinder en deux pour donner naissance à une aile pro-régime et à une autre plutôt dans le camp de l’opposition. Mais la position de l’ancien parlementaire était floue pour beaucoup à l’époque. « Il est à cheval entre la mouvance Hvm et le parti Vpm-Mmm », nous a dit une source à l’Assemblée nationale. Sa nomination à son poste ministériel actuel, selon le décret no 2016-265 du 15 avril dernier, a étonné plus d’un. Il était en effet l’une des voix non Hvm écoutées par l’Union européenne qui a manifesté une méfiance tacite vis-à-vis du régime Rajaonarimampianina depuis le début.


Un pourparler entre l’ambassadeur européen Antonio Sachez-Benedito et les députés était organisé au palais de Tsimbazaza, suite à la signature du Programme indicatif national (Pin) à Bruxelles (Belgique) par le Président Hery Rajaonarimampianina et le commissaire européen Neven Mimica (venu chez nous récemment), le 23 novembre 2015. Ceci concerne le déblocage des 558 millions d’euros, la part cumulée pour Madagascar des ressources tirées des différents Fonds européens de développement (Fed).


Silence ministériel 


Puisque la voix des plus nombreux était trop forte pour camoufler les réalités réelles au pays à l’époque, la curiosité des autorités européennes a demandé à être comblée par davantage de renseignements plus rassurants. La Commission européenne a ainsi invité à sa charge un fidèle de Marc Ravalomanana en la personne de Rodin Rakotomanjato, élu député d’Arivonimamo sous les couleurs du parti « Zanak’i Dada », et l’ancien élu de Betioky- Atsimo, pour faire entendre une voix en dehors du cercle Hvm à Bruxelles.
Pour cela, les deux politiciens ont alors embarqué le vol d’Air France du 4 décembre 2015 à destination de la Capitale européenne via Paris. Le déblocage de moins de 15 millions d’euros a eu lieu un mois plus tard, le gros lot étant toujours retenu par le donneur par manque de confiance. Dans la même foulée, les 900 millions d’euros, contribution de l’Union européenne aux promesses de Paris au début de ce mois, risquent de n’atterrir dans les caisses de l’Etat qu’à des dates qui restent encore à déterminer.
De toutes les façons, le mutisme du département ministériel de Jean-Jacques Rabenirina face à la profanation accélérée des patrimoines à Madagascar ces temps-ci est quelque peu troublant pour les défenseurs des valeurs et de l’identité malagasy. Eglises, madones, cloches, patrimoine mondial à la merci des chercheurs de saphir dans l’Alaotra, enceintes royales sur les Hautes-terres et dans les régions, sites historiques… y sont tous passés. L’ampleur du phénomène de désacralisation est telle que l’expression même de « terrorisme culturel » est sur le point de s’imposer pour rendre compte du triste contexte chez nous.
Manou Razafy

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