Publié dans Politique

Emeute à Ambanja - Six personnes blessées par balle

Publié le jeudi, 16 mars 2017

La ville d’Ambanja, et précisément du côté du quartier d’Ankatafahely où se trouve la Maison centrale de la localité,a été dans la matinée d’hier le théâtre d’une émeute. Une foule de personnes s’est rassemblée près de la prison et revendique la tête d’un dénommé Ravo, lequel serait l’auteur du meurtre d’un vendeur de khat survenu dans le « Fokontany » de Begavo II, le 21 février dernier. Le malheureux a été décapité. Selon nos sources, Ravo a été arrêté par les gendarmes, la nuit de mercredi dernier à Nosy Faly, grâce à une information fournie par d’honnêtes citoyens.


C’est Ravo lui même qui aurait raconté à des gens de Nosy Faly que c’est lui qui a tué le marchand de khat et dérobé l’argent d’un montant de 2 400 000 ariary, en possession de la femme de la victime. Les gendarmes, aussitôt informés de cet aveu, sont passés à l’action et l’ont arrêté à Nosy Faly aux alentours de 20h. Ce fut hier vers 3h du matin que les gendarmes sont arrivés à Ambanja avec leur prisonnier. Néanmoins, ni les gendarmes ni les policiers n’ont accepté de garder Ravo de peur que la population tente de lyncher ce dernier. Les Forces de l’ordre se sont donc convenues de le garder d’abord dans la Maison centrale. Mais c’était sans compter la vigilance de la population. En effet, selon nos sources, les Forces de l’ordre ont été à leur insu suivies par des gens lesquels ont tout vu. Le matin, en un rien de temps, le bruit selon lequel l’assassin du marchand de khat se trouve à la Maison centrale a fait le tour de la ville. La crainte des Forces de l’ordre s’est confirmée : la population opte pour la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. Chantant le « goma » (chanson traditionnelle) avec frénésie à environ 200 m de la prison, la foule exige que les Forces de l’ordre lui remettent le présumé assassin. Des  manifestants ont commencé par lancer des pierres à l’endroit des agents du maintien de l’ordre. Mais eu égard à la distance qui sépare ces derniers et les premiers qui se trouvaient près du Palais de Justice, il y avait peu de chance que les Forces de l’ordre soient blessées. Toujours selon nos sources, après quelques tirs en l’air, des gendarmes ont tiré sur les manifestants et ont blessé 6 d’entre ces derniers dont 3 grièvement touchés. 4 de ces blessés sont des écoliers du Ceg d’Ambanja dont une fille d’environ 15 ans. Les blessés sont transportés à l’hôpital et 3 d’entre eux sont envoyés au bloc opératoire. La population d’Ambanja est en colère et condamne les agissements des Forces de l’ordre, en l’occurrence les gendarmes qui, selon elle, ont la gâchette facile. Il importe de savoir que Ravo est également soupçonné d’avoir tué une femme qui avait pris une « coque » (vedette) pour se rendre à Andoharano il y a quelques mois et qui avait sur elle une somme d’argent importante. Qui a donné l’ordre de tirer sur la foule ? Telle est la question que posent les habitants d’Ambanja.
Des pneus incendiés
La famille du défunt et l’épouse de celui-ci, ainsi que les autorités de la localité se sont rencontrées hier dans la matinée afin de calmer les esprits surexcités. Dans l’après-midi, des groupes de gens ont incendié des pneus pour manifester leur colère. Des renforts de Forces de l’ordre en provenance d’Ambilobe, de Nosy Be et d’Antsiranana sont dépêchés à Ambanja. La Rn6 est bloquée par les manifestants sur 3 km. Ecoles, banques et nombre des magasins sont restés fermés hier.  Les Forces de l’ordre ont tiré sur des écoliers. Les observateurs attendent de voir les sanctions que le Président et le Premier ministre auront à prendre à l’encontre des responsables de cette fusillade, comme ils l’ont fait au ministre Norbert Anandra sur l’affaire d’Antsakabary bien que l’enquête sur celle-ci n’ait pas encore abouti.
A. Lepêcheur

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