Publié dans Politique

Affaire Antsakabary - La Cnidh appelle aux sanctions pour tous les coupables

Publié le vendredi, 17 mars 2017

Nouveau rebondissement dans l’affaire Antsakabary. A la suite d’une investigation menée sur les lieux par la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (Cnidh) du 2 au 7 mars dernier, la conclusion confirme que des violations des droits de l’Homme ont été commises. Le rapport de la Cnidh incrimine aussi bien les personnes qui ont lynché les deux policiers que les policiers qui ont commis de nombreuses exactions dans les villages d’Antsakabary.

Des violations « ont été commises autour du meurtre de deux (02) policiers du Commissariat du District de Befandriana-Nord et des actes perpétrés lorsqu’un peloton d’une quarantaine de policiers a été envoyé dans la Commune d’Antsakabary », précise la Cnidh qui a effectué un compte-rendu de son investigation, hier à son siège aux 67ha. « Le sous-brigadier Dieu Donné Razafison et l’agent de police de premier échelon Samson Razafindramevajery ont été tués d’une manière barbare », constate la Cnidh. D’après la commission, « l’examen des dépouilles révèle de nombreuses perforations sur la boîte crânienne. Des blocs de pierre ont été par la suite jetés sur leurs têtes et leurs armes. Des entailles profondes faites avec plusieurs armes blanches ont été constatées lors des autopsies. Des témoignages indiquent qu’ils ont été tailladés au coutelas, même déjà morts ». La Cnidh soulève le fait que les deux agents ont été brutalement arrachés à leurs familles dans des circonstances tragiques. Le premier a laissé derrière lui deux orphelins dont l’un est âgé de 8 ans et l’autre de 8 mois, tandis que le second agent a un enfant de quatre ans. 

Des exactions policières inouïes

Concernant les actes commis dans les villages d’Antsakabary, la liste des exactions est longue. Homicide involontaire, incendies criminels, tortures et maltraitances physiques, pillages, humiliation, traitements dégradants, extorsion d’aveux, tentative d’entrave à la liberté de la presse, déformation de plaintes sont autant d’infractions relevées au cours des évènements survenus dans cette localité de Befandriana-Nord. Pour en revenir à l’incendie, 487 toits ont été ravagés par le feu, selon les statistiques recueillies auprès du chef d’Arrondissement d’Antsakabary, dont 80 à Ambalamanga Ankisigny, 230 à Ambinanindrano, 80 à Antanagnambo, 75 à Ambodifinesy et 22 à Ambohitraivo. Des dizaines de tonnes de paddy, des vivres, des articles de commerce, des fiches individuelles de bovidés, des matériels d’une église à l’instar des bibles, des papiers fonciers ainsi que les économies de certains villageois ont été réduits en cendres. Des actes de torture perpétrés par les policiers dépêchés dans les villages ont également été dénoncés. Des tortures inouïes à des fins d’extorsion de fonds. « Des villageois arrêtés ont été ligotés par des policiers armés, forcés à se mettre à plat ventre dans la boue et à se déplacer en s’agenouillant », rapporte la Cnidh. Arrêtées dans l’après-midi du mercredi 22 février, près de 400 personnes ont été gardées dans une salle à Tavenina pour y passer la nuit sans nourriture.

L’Exécutif interpellé

La Cnidh interpelle l’Exécutif sur cette situation de violation des droits de l’Homme en faisant valoir les dispositions de l’article 2 de la loi 2014-007. La Commission insiste également sur « l’application de la loi à l’endroit de toute personne jugée coupable des violations des droits de l’Homme ayant été commises ». Après le procès qui a décidé le placement sous mandat de dépôt de 5 prévenus dans l’affaire de lynchage des deux policiers, le verdict est encore attendu. En attendant, la Cnidh « appelle à la prise de mesures administratives contre les agents de l’Etat ainsi que les autorités impliqués dans cette affaire, selon le degré de responsabilité ». Concernant l’incendie des villages, la commission mixte composée d’officiers de police judiciaire issus de la Gendarmerie et de la Police nationale a déjà mené une enquête sur les lieux. Malgré ladite enquête, un silence complet est observé par les autorités au sujet de cette série d’incendies. Une suite de l’affaire est donc attendue dans les prochains jours.
Sandra R.

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Editorial

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