Publié dans Politique

Fraude et évasion fiscale, blanchiment d’argent - La justice enquête sur des « Karàna »

Publié le vendredi, 17 mars 2017

Un dossier brûlant. Issus d’une même communauté, des « Indo-pakistanais » sont à l’heure actuelle dans le collimateur du ministère des Finances et du Budget, du « Sampandraharaha Malagasy Iadiana amin'ny Famotsiam-bola sy Famatsiam-bola ny Fampihorohoroana » (Samifin) et de la Chaine pénale anti-corruption. Implantés dans le 3e arrondissement de la Capitale, ces personnes  semblent avoir des activités principales anodines, puisqu’ils sont des quincaillers, des importateurs de produits de première nécessité et des grossistes. En sous-main, ces opérateurs sont pourtant soupçonnés de se livrer à des opérations peu scrupuleuses.  Le montant de la fraude fiscale dans cette affaire qui date de quelques années, se chiffrerait à plusieurs centaines de millions de dollars.  Un montant qui représente un manque à gagner de plusieurs centaines de milliards d’ariary pour les recettes publiques et qui est plus conséquent que les aides budgétaires allouées par le Fonds monétaire international (Fmi).  Une somme colossale qui équivaudrait à une partie non négligeable des promesses de financements de 10 milliards de dollars de la Conférence des bailleurs de Paris en décembre dernier. Un manque à gagner de plusieurs centaines de millions qui auraient pu aider le pouvoir à lutter contre certains problèmes sociaux. 

Au ralenti

La procédure entamée par les autorités compétentes tournerait actuellement au ralenti. Ces « Karàna » prétendent en effet avoir des protections au plus haut niveau et ont déclaré, enregistrement vocal à l’appui, n’avoir peur de personne. Menaces physiques, menaces morales, intimidations…, ces  individus qui se disent intouchables, sont clairement au-dessus de la loi et le revendiquent ouvertement. Il s’agirait d’après les informations recueillies de montages classiques d’opérations sous couvert de prête-nom et de sociétés écrans.  « La procédure de recouvrement ne sera pas entamée : nous avons la protection de la Présidence car nous approvisionnons la Présidence », ont pourtant fait valoir ces ressortissants indo-pakistanais. Ce dossier, bien qu’important, ne concerne pourtant qu’un groupe mafieux de fraudeurs. Quelques-uns parmi tant d’autres. Mais à l’approche du deuxième décaissement de 43 millions de dollars par le Fmi, l’accélération de cette procédure pourrait être vue d’un très bon œil par Patrick Imam, représentant résident du Fmi, et ses collègues. Rappelons que la mission du Fmi et de la Banque mondiale du mois de janvier s’est déclarée surprise par la magnitude des besoins supplémentaires annoncés (750 milliards d’ariary) par la Jirama. La finalisation de ce dossier pourrait résoudre le problème du délestage, mais aussi permettre la reconstruction d’Antalaha avec le montant restant. L’Etat malgache va-t-il enfin montrer une réelle volonté politique de lutter contre la corruption ? Il est malheureux de constater que dans ce dossier, les opérateurs économiques souscrivant à leurs obligations fiscales et s’acquittant normalement de leurs impôts devant l’Etat rament à contre-courant et peinent à s’en sortir. Tandis que quelques opérateurs véreux et hors-la-loi dominent les secteurs stratégiques, en particulier le secteur commercial. Non contents de tuer et déséquilibrer le marché, ils freinent avant tout toute forme d’activité économiquement saine et cultivent l’impunité au plus haut niveau. Un dernier élément vient néanmoins corser ce dossier. En effet, au vu de l’enjeu financier de l’affaire, un risque de financement d’antennes terroristes locales et continentales ne serait également pas à exclure. La réaction des autorités compétentes est attendue. On croit également savoir que les noms des membres de la communauté indo-pakistanaise incriminés seraient bientôt annoncés au grand jour. 

Recueillis par L.A.

1 Commentaire

  • Posté par Ranaivoson
    lundi, 20 mars 2017

    Il serait naïf de penser que le gouvernement utilisera l'argent récupéré à bon escient..

    Maintes fois les autorités douanières ont saisi des produits prohibés, mais où vont-ils à la fin? Personne ne le sait.. Il faudrait peut-être songer à réformer le sytème de gouvernement de notre pays avant de punir les malfaiteurs..

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Editorial

  • A quand ?
     Les choses commencent à bouger ailleurs. Les séismes du changement ébranlent les anciennes habitudes de certains pays.  En Arabie Saoudite, premier producteur mondial du brut (pétrole), un pays longtemps réputé d’être hermétiquement fermé à toute influence étrangère, notamment de l’Occident, commence à ouvrir, bien que timidement, les portes et enclenche des changements notables.  Entre autres, les femmes saoudiennes, depuis toujours ignorées, retrouvent, peu à peu considérés, leurs droits les plus élémentaires. Désormais, elles peuvent entrer au stade et voir des matches ; elles peuvent conduire, etc… En outre, le roi Salmane affiche sa détermination de moraliser la vie publique, surtout, dans les rangs de la famille royale. Personne « n’est plus » au-dessus de la loi.

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