Publié dans Politique

Rajaonarimampianina en Chine - En quête de financement parallèle ?

Publié le dimanche, 19 mars 2017

D’une source généralement bien informée, sauf changement de dernière minute, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina s’envolera demain à destination de la Chine via l’île Maurice. Selon certaines indiscrétions, durant ce séjour dans l’Empire du Milieu, le Chef de l’Etat signera plusieurs accords dont les tenants et aboutissants sont pour l’instant inconnus du grand public mais dont l’issue pour la partie malgache, à l’instar de ce qui s’est passé avec la Turquie, se déclinera sûrement en milliards de dollars. Du coup, beaucoup de soupçonner que, las sans doute d’attendre les bailleurs de fonds traditionnels dont les conditionnalités sont par ailleurs multiples et draconiennes, le numéro Un malgache ait choisi d’engager le pays vers le terrain miné du financement parallèle.

A ce jour en effet, l’on ignore où en sont les 6 milliards de dollars annoncés à l’issue de la Conférence des bailleurs et des investisseurs (Cbi) de janvier dernier.  Dans tous les cas, ils ne sont pas encore tombés, ne serait-ce qu’en partie, dans les caisses publiques sinon ils auraient à coup sûr fait l’objet d’un raffut démesuré de la part d’un Etat en manque de popularité. Quant aux financements déjà acquis (10e et 11e Fed, Fec,…), leur déblocage se fait au compte-gouttes et d’ailleurs, leur utilisation fait l’objet d’un suivi des plus rigoureux et tatillons. Une situation qui ne peut qu’étonner, s’agissant d’un pouvoir qui se targue de bénéficier de la confiance de la communauté internationale en général et des partenaires techniques et financiers internationaux en particulier.

Quoi qu’il en soit, ce manque d’argent frais contraint le régime en place à faire preuve d’imagination pour avoir les moyens de sa politique. Il en est ainsi des « opérations biométriques » (carte de résident, permis de conduire, carte grise…) dont les timings très étriqués trahissent l’urgence dans laquelle se trouvent les finances publiques. Il en est de même de la relance sans crier gare du très controversé « Advance cargo declaration ». Des acrobaties qui ne permettent cependant de pallier qu’à l’insuffisance de liquidités dans les caisses de l’Etat et permettent juste à celui-ci de faire face à ses dépenses courantes. D’où l’idée pour le pouvoir en place, pour se doter d’un matelas financier en devises, de se tourner vers d’autres sources de financement étrangères, dont des pays notoirement connus pour leur largesse financière pour peu qu’ils soient assurés de contreparties servant leur intérêt.

La Turquie, on le sait, avait « demandé » à la partie malgache sa collaboration pour neutraliser les deux établissements d’enseignement turcs établis à Madagascar, accusés d’appartenir à l’imam Fethullah Gülen, l’opposant au régime de Recep Tayyip Erdogan. Quelle en est la contrepartie proposée ? Certainement pas de simples échanges économiques, si avantageux soient-ils pour la Grande île. L’on attend de voir à combien se chiffreront les  accords qui seront signés par Hery
Rajaonarimampianina durant son séjour au pays de Mao. Dans les deux cas, la démarche s’apparente à une quête de financement parallèle…
H.M.

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Editorial

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