Publié dans Politique

Conclusions de la mission du Fmi -Aux antipodes de la réalité

Publié le jeudi, 23 mars 2017

« Les autorités progressent dans le renforcement du cadre juridique et institutionnel pour améliorer la gouvernance et lutter contre la corruption ». Un extrait du communiqué de presse de la mission du Fmi qui a séjourné à Antananarivo du 9 au 22 mars 2017, dans le cadre de la première revue du programme de réformes économiques, appuyé par la Facilité élargie de crédit (Fec).

 

L’on ignore sur quelle base les membres de cette mission sont partis pour émettre une telle appréciation. Toujours est-il qu’un tel constat est loin, très loin de la perception de bon nombre de citoyens, qu’ils soient simples spectateurs de la vie publique ou observateurs avertis. Dans tous les cas, beaucoup de rétorquer qu’on voit mal les autorités en place s’atteler à renforcer l’arsenal juridique et institutionnel sur la gouvernance et la lutte contre la corruption alors qu’elles ne respectent même pas ce qui existe déjà. L’exemple le plus récent et le plus criard cité est celui de cette femme d’affaires proche du pouvoir qui, convoquée à plusieurs reprises par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), a refusé obstinément d’y donner suite. Une attitude qui, si l’on s’en tient à la législation en vigueur, aurait dû avoir comme suite un mandat d’amener à l’encontre de la récalcitrante. Il n’en fut rien cependant. Pire, la concernée a été vue par la suite paradant à la cérémonie de vœux de la Présidence de la République. Un véritable pied de nez à l’égard non seulement du directeur général du Bianco qui était sûrement présent à cette grande messe annuelle, mais aussi au Chef de l’Etat lui-même qui ne cesse de clamer haut et fort à chaque occasion qui se présente que « Nul n’est au-dessus de la loi ».
Déclarations d’intentions
De la même trempe est  le cas de cet opérateur - proche du parti au pouvoir également  - qui, indiqué par le Bianco être un « gros bonnet » du trafic de bois de rose, a pu se faufiler entre les mailles du filet de la Justice après qu’il eut été déferré devant la Chaîne pénale anti-corruption et placé sous mandat de dépôt. Par la suite, une publication sur les réseaux sociaux montre l’homme à l’extérieur du pays, tranquillement assis à la terrasse d’un café. Une issue des plus étonnantes étant donné que, au stade de la procédure judiciaire dont il fait l’objet, le concerné n’aurait jamais pu avoir une quelconque autorisation de sortie du territoire. Le cas a indigné au plus haut point les Etats-Unis qui, par la voie de son ambassadeur sur place, n’arrêtent pas de s’enquérir auprès des autorités ce qu’il en est exactement. En vain jusqu’ici. Pouvant être multipliés à souhait, les deux cas cités ci-dessus suffisent pour démontrer que, entre les déclarations d’intentions des gens au pouvoir et ce qu’ils font, il y a un énorme fossé que tout l’optimisme du monde ne pourra pas combler. A la lecture du Communiqué de la mission du Fmi, il apparaît d’ailleurs que, dans bien de cas, celle-ci n’a fait que rapporter lesdites déclarations d’intentions de ses interlocuteurs locaux en les prenant pour argent comptant. A preuve : « A moyen terme, les autorités visent à rompre avec le profil historique de faible croissance (…) » ; « …les autorités ont l’intention de stimuler les investissements et les dépenses sociales de façon soutenue de 2017 à 2019 (…) » ; «…les autorités vont renforcer leur capacité de gestion et de suivi (…) », peut-on lire dans le communiqué. Libre à chacun de donner du crédit à ces promesses. La population, elle, n’y croit plus…
Hery Mampionona

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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