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Publié dans Politique

Appel à la course aux infrastructures - Missile verbal mal lancé par Rajaonarimampianina

Publié le vendredi, 24 mars 2017

Pour la haute instance de l’Etat, la cérémonie d’inauguration d’une bibliothèque et d’un centre multimédia dans l’enceinte d’une école publique primaire, dont la construction s’est déroulée dans un énervement institutionnel complet, a été une occasion de commettre volontiers un mignon lapsus.

L’appel à la course à la construction des infrastructures par le Président Hery Rajaonarimampianina à Antanimbarinandriana, Antananarivo, mercredi a offusqué les âmes sensibles. Le défi a été sûrement lancé à l’endroit de l’équipe de la Commune urbaine d’Antananarivo dont fait partie l’ancien Chef d’Etat, Marc Ravalomanana, même si aucun nom n’a été cité. Celui qui est en même temps un conseiller spécial du maire de la Capitale, son épouse, sera aussi l’un de ses adversaires de taille l’année prochaine si le processus électoral au pays suivra son cours normal. Par ailleurs, le patron de l’ancien parti au pouvoir a invectivé en public un actuel ministre au sujet justement de l’établissement scolaire d’Antanimbarinandriana.

 Hors du circuit scolaire

 Le propos mal réfléchi par notre leader s’est passé au moment où son administration, incapable de gérer toute seule les dégâts laissés par le dernier passage cyclonique du 8 au 10 mars, a sollicité une aide d’urgence de 20 millions de dollars auprès de la communauté internationale. Parallèlement, les Malgaches victimes de la famine chronique dans le Sud ne peuvent trouver quoi mettre sous la dent que grâce aux interventions des organismes internationaux et des groupes philanthropiques. Pire, pour scolariser les enfants du pays, dont 28 % se trouvent encore hors du circuit scolaire actuellement, il faut attendre les appuis des étrangers. Le bureau de la Banque mondiale à Anosy a abrité, mardi après-midi, une foire des connaissances sur les indicateurs de prestation de services en lien avec le secteur éducatif à Madagascar.

Solution miracle

 A cette occasion, le sénateur Zo Rakotoseheno, un senior journaliste reconverti en porteur de cravate de couleur bleue à l’instar de bon nombre d’opportunistes, a demandé sans hésitation à Coralie Gevers, la représentante résidente de la Banque, combien cet organisme financier pourrait apporter à la mise en œuvre de l’ambitieux Plan sectoriel de l’éducation de 2016-2020. Le secteur figure en effet parmi les plus nécessiteux bien qu’il accapare le plus gros des budgets annuels de l’Etat. Le cyclone Enawo a détruit plus de 700 salles de classe alors que les besoins réels au pays font état de  3 000 nouvelles salles de classe. Si le Président Hery Rajaonarimampianina a donc tenu à proférer un propos manifestement provocateur, qui n’est pas digne de son honneur, il aurait peut-être une solution miracle pour construire toutes ces infrastructures avant le scrutin de 2018.

 Appâts électoraux

 Les lacunes sur le terrain comme sur la table sont toutefois éloquentes. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup de regard sur la piste menant à Tankafatra, à proximité du barrage hydroélectrique de Tsiazompaniry dans le District d’Andramasina. Il s’agit toutefois de localité d’origine d’un personnage étatique célèbre. En son temps, Marc Ravalomanana s’est donné la peine de faire bitumer la piste conduisant à son village natal d’Imerikasinina, dans la banlieue est d’Antananarivo, parallèlement aux nombreux projets routiers qui semblent ne pas être la spécialité du régime actuel. L’appel du dirigeant malgache prend appui tout de même sur des projets qui vont lui servir d’appâts électoraux ou font encore l’objet de vives disputes, à l’image de cette fameuse gare routière avec une station-service de la compagnie pétrolière Total sur le terrain litigieux d’Andohatapenaka. La réalisation d’une autre à Amoronakona, Ambohimangakely, dans l’Avaradrano, avance tant bien que mal entre-temps.

 Outil de propagande

Le chantier cofinancé par le Gouvernement, la confédération nationale des transports et une compagnie pétrolière est toujours en cours alors que le délai de livraison initial est fixé pour le 30 septembre 2016. A ce stade, les installations en place sur le lieu arborent la couleur-fétiche du parti Hvm que beaucoup voient déjà comme un outil de propagande par excellence dont l’inauguration sera un moment de clamer haut et fort : « Nous sommes champions en matière de projets structurants ». Mais il paraît excessif de trop reprocher le manque de sincérité présidentielle. Le lendemain du moment où le locataire d’Iavoloha a lâché son petit missile verbal dont la trajectoire est visiblement mal paramétrée, son ministre des Finances et du Budget, Gervais Rakotoarimanana, a signé avec l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) le financement d’un projet portuaire et autoroutier d’un volume total de 630 millions de dollars dont 400 millions sous forme de prêt concessionnaire. Nos enfants auront donc beau être embêtés par le mécanisme de remboursement à l’avenir.

Manou Razafy

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Editorial

  • Le bon choix !
    A quelques encablures de la date fatidique du 27 mai, il faut mettre le paquet. Le régime IEM doit concentrer tous les efforts pour que le pays ne rate pas le coche. Un tournant décisif pour tous les Malagasy et une étape cruciale pour les tenants du pouvoir ! Tout dépend du choix intime de chacun dans le secret de l'isoloir. Cette fois encore, le verdict des urnes impactera sur l'avenir des 25 millions de Malagasy. En effet, un bon choix dans les urnes comblera le pays de la sérénité et de la prospérité.  

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