Publié dans Politique

Tuerie à Fenoarivo - 16 ans après, Mamodtaky avoue tout !

Publié le vendredi, 31 mars 2017

Un véritable coup de tonnerre.  C’est la réaction qu’ont eu bon nombre d’observateurs à l’annonce du nouveau rebondissement sur la tuerie de Fenoarivo qui a trait à l’aveu fait  par Mamodtaky comme étant le commanditaire.

C’est une affaire vieille de 16 ans qui vient en effet de trouver une issue pour le moins inattendue. En avril 2001, alors qu’ils participaient à une réunion de famille à Fenoarivo Atsimondrano dans la banlieue d’Antananarivo, les membres de la famille Remtoula, des Français d’origine indo-pakistanaise, ont soudain vu des hommes armés faire irruption et qui avaient ouvert le feu. Cinq personnes ont été tuées. Pas de pistes précises. Mais des soupçons pesaient sur Mamod Abass Mamodtaky, désigné par sa femme Anita Remtoula comme étant le commanditaire de cette tuerie. Après 16 ans d’une longue saga judiciaire, il vient d’avouer son crime dans le huis clos de la chambre de l’application des peines de la Cour d’appel de Paris.

Sa femme, tout comme les avocats de la partie civile, le ministère public, se disent satisfaits de cette confession inattendue de Mamodtaky. Son épouse émet cependant des réserves quant aux motivations de l’intéressé.  Des observateurs estiment qu’en avouant son crime, Mamod Abass Mamodtaky espère obtenir une remise de peine. Etant donné qu’il ne sera libérable qu’en 2021, il rêverait que sa peine soit revue à la baisse, lui permettant de retrouver plus tôt que prévu la liberté et retourner ici à Madagascar. La décision de la chambre de l’application des peines de la Cour d’appel de Paris est attendue dans un mois. Il n’est pas sûr que les juges voient la chose de la même manière que lui. D’une part, les aveux interviennent tardivement et d’autre part, les regrets sont peu crédibles.

Hors norme

Pour expliquer son passage à l’acte, Mamodtaky avance la pression de la communauté « Karàna » pour faire taire son ex-épouse, qui aurait menacé de divulguer un pacte établi entre ladite communauté et l’Etat malagasy. Pour rappeler l’histoire, après une première plainte à Madagascar, qui avait débouché sur un non lieu, les Remtoula s’étaient tournés vers la Justice française qui s’était saisie en octobre 2003 de ce dossier. Mamodtaky avait été expulsé de Madagascar, puis condamné par la Justice française. Pour cause de vice de forme, il fut libéré puis retrouvé à Madagascar où il fut de nouveau arrêté. Mamodtaky a longtemps bataillé pour obtenir la nationalité Malagasy dans le but d’éviter une extradition. Chose qu’il n’a pas pu prouver. Il a été à nouveau jugé à la Cour d’assises de Paris. Reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, Mamodtaky avait écopé de la réclusion criminelle de 28 ans en 2013. En tout, il a déjà passé 12 ans derrière les barreaux. Dans cette affaire, la responsabilité de certains Malagasy, soupçonnés de corruption, reste sujette à des questionnements. Quid notamment du médecin qui a délivré l’acte de décès d’un complice de Mamodtaky, retrouvé en pleine vie et en bonne santé… En tout cas, cette affaire hors norme restera à jamais gravée dans les annales des affaires criminelles malagasy.
Recueillis par L.A.

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Editorial

  • L’imminence d’une fin !
    Un vieux riche exploitant terrien sentant la mort prochaine fit venir ses enfants (héritiers) et leur dit « travaillez, prenez de la peine c’est le fonds qui manque le moins ». De ses héritiers, il y en a qui ont pris au sérieux l’ultime message du vieux père et ont commencé immédiatement à travailler et faire fructifier le patrimoine sans attendre de disposer entre leurs mains tout l’argent nécessaire, tant mieux ! D’autres, à leurs dépens, ont pris à la légère et snobé le dernier message du vieux père. D’autres encore n’ont rien compris. Ils ne saisissent point les tenants et aboutissants de « l’ultime message ». Ils se trouvent totalement à côté de la plaque. Tant pis pour eux !  

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