Publié dans Politique

Nivo Ratiarison / Claudine Razaimamonjy - Même cause, effets différents ?

Publié le mardi, 18 avril 2017

Tous les deux sont empêtrés dans des histoires de détournements de deniers publics. Mais Nivo Ratiarison et Claudine Razaimamonjy ne sont pas sur les mêmes barreaux de l’échelle pour les tenants du régime. 

 

Malgré les accusations de détournements de deniers publics qui pèsent contre elle, Claudine Razaimamonjy continue de disposer d’un soutien sans faille du pouvoir actuel. A l’inverse, les dirigeants actuels sont restés relativement discrets dans l’affaire Nivo Ratiarison, accusé lui aussi de détournements de deniers publics… L’ancien directeur de cabinet du ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions a été jugé par la Cour criminelle ordinaire, la semaine dernière et a écopé de 5 ans de travaux forcés et de 80 millions d’ariary d’amende. Une peine qu’il partage avec Simonette Raharimalala, responsable commercial et marketing. Les deux sont accusés d’avoir détourné un montant d’environ 400 millions d’ariary qui devait être versé dans la caisse de l’Office de la radiotélévision malagasy (Ortm) en 2015-2016. Ils sont coupables de détournements de deniers publics et d’abus de fonction, entre autres.  Avant son procès, l’ex-journaliste avait été entendu par les enquêteurs du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) l’an dernier, puis déféré à la Chaîne pénale anti-corruption. Inculpée elle aussi dans des affaires de détournements de deniers publics, d’une valeur de 500 millions d’ariary, Claudine Razaimamonjy est restée intouchable. Cette conseillère du Président de la République Hery Rajaonarimampianina s’est même permise de snober deux convocations du Bianco avant d’être interpellée manu militari il y a deux semaines. Loin de la mise au ban, la richissime propriétaire de l’hôtel A&C est et reste une icône des bleus et personne au sein de la sphère dirigeante ne s’en offusque. Pire, l’Etat ne l’a jamais lâchée, il l’a même protégée. Notamment en permettant l’« évasion » sanitaire de la Dame vers l’île Maurice.  Mais alors, pourquoi ce traitement de faveur ? Y a-t-il un deux poids, deux mesures entre deux personnalités, empêtrées toutes deux dans des affaires de détournements de deniers publics ? Pourquoi respecter le fait que Nivo Ratiarison soit condamné, et refuser que Claudine Razaimamonjy, présumée innocente jusqu’à preuve du contraire, passe par la case « prison » en attendant son procès ?

L.A.

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Editorial

  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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