Publié dans Politique

Contrôle de détention - Les faux raccords du film « cellule 126 »

Publié le mercredi, 03 mai 2017

A voir la photo de Claudine Razaimamonjy publiée par certaines presses hier, il est clair qu’on veut faire croire au public qu’elle est dans un état de fatigue extrême, à un tel point elle ne peut même pas ouvrir les yeux malgré la présence de visiteurs, voire qu’elle ne peut pas se tenir debout. A trop vouloir bien faire cependant, ceux qui ont eu l’initiative et les réalisateurs de cette opération médiatique ont totalement perdu de vue certains faits antérieurs qui, rapprochés à la scène supposée se dérouler avant-hier, met en évidence de grossiers faux raccords (voir définition de ce terme cinématographique en encadré ci-après).

On ne peut que se demander en effet à quel moment Claudine Razaimamonjy a bien pu replonger dans cet état proche du coma. Car il semblerait bien qu’on a oublié que la patronne d’A&C Palace a foulé le tarmac d’Ivato emmitouflée dans un « burka » et apparemment en pleine forme puisque c’était à pas rapides, dans tous les cas à pied, qu’elle a parcouru les quelques mètres qui séparaient l’avion qui l’a débarquée de l’ambulance qui allait l’emmener à l’Hjra. 

Si on remonte encore un peu plus dans le temps, l’on sait qu’elle n’a passé que les deux premières journées de son séjour mauricien à la clinique Fortis Darné où elle a été immédiatement admise suite à sa supposée « évacuation sanitaire d’urgence ». Etant donné qu’il est hors de question de penser que c’était dans cet état critique que les cliniciens de l’île sœur l’ont fait sortir de leur établissement après deux jours de soins, force est donc de conclure qu’elle était obligatoirement sur pied à sa sortie d’hôpital. 

A supposer encore qu’elle pourrait avoir fait une rechute ultérieurement, pourquoi elle n’a pas été réhospitalisée à la même clinique Fortis Darné pour la reprise des soins ? On peut encore arguer qu’elle a changé d’établissement sanitaire ou qu’elle a été prise en charge par des médecins privés par la suite, doit-on donc conclure que ces derniers ont prescrit sa réévacuation à Madagascar alors qu’elle est encore dans l’état tel qu’on l’a vu sur les photos d’hier ? Sinon, il faut alors croire que sa rechute est intervenue juste après sa réadmission à l’hôpital Hjra vu que, comme on l’a rappelé plus haut, elle était sur pied à sa sortie d’avion. Pour résumer les faux raccords de ce film à rebondissements qu’on serait tenté d’intituler « cellule126 », l’état de santé de Claudine Razaimamonjy présenté hier ne cadre, ni avec la décision des médecins de la clinique Fortis Darné de la faire sortir de leur établissement, ni avec la prolongation de son séjour en terre mauricienne après cette sortie d’hôpital, encore moins avec la bonne santé affichée par la « Dame au Burka » qui a été vue, le 23 avril dernier, sortir de l’avion en provenance de Maurice et embarquer dans une ambulance en direction de l’Hjra.

Un « raccord » est un aspect du montage d’un film. C’est ce qui raccorde deux plans successifs. On parle de « faux raccord » lorsque la fin d’un plan ne colle pas avec le début de celui qui succède. Il existe des vidéos qui ne sont que des compilations de faux raccords de différents films.

Hery M.

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  • Elan national
    Les portes de la Commission mixte, Malagasy et Français chargée de trancher sur le sort des îles Eparses, s’ouvriront ce lundi 18 novembre 2019 à Antananarivo (Andafiavaratra) avec en toile de fond un tableau apparemment contrasté. D’une part, la récente déclaration, incendiaire et provocante, d’Emmanuel Macron aux îles les Glorieuses  « Ici c’est la France ! » De l’autre, la détermination de Madagasikara de vouloir « récupérer » à tout prix les îles malagasy sournoisement appelées « îles éparses ». Les autorités malagasy, soutenues par l’ensemble de l’opinion nationale, campent sur leur position à savoir les cinq perles dites îles Eparses (Europa, Bassa da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin) sont malagasy et ce conformément aux deux résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 12 septembre 1979 portant n° 34/91 et du 11 décembre 1980 n°35/123.  

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