Publié dans Politique

Hery Rajaonarimampianina - Pédagogue non, démagogue oui !

Publié le jeudi, 04 mai 2017

Une vaste campagne de communication a été lancée récemment autour du Président Hery Rajaonarimampianina. Une page entière de texte dithyrambique autour du Chef de l’Etat intitulé  « Hery Rajaonarimampianina, le pédagogue incompris » a été inséré à titre d’annonce publicitaire dans les journaux.

Dans ses premières lignes, le texte souligne d’ores et déjà que  « Hery Rajaonarimampianina est un Président pas comme les autres ». Effectivement, la population n’a jamais autant souffert, ne s’est jamais sentie autant trahie que sous ce régime.  « Un Président atypique, controversé. Hery Rajaonarimampianina ne fait pas dans l’ordinaire. Sa pédagogie du pouvoir est souvent incomprise mais il continue son chemin contre vents et marées », peut-on encore lire. Le monde à l’envers, puisqu’un Président doit comprendre son peuple et ses besoins, et non l’inverse. L’on ne peut s’empêcher de remarquer qu’à chaque apparition d’un problème dans le pays, la réaction du Président se fait attendre. Et quand il réagit, ce n’est pas pour rassurer la population  mais pour avancer d’autres promesses encore plus difficiles à tenir, à se lancer dans une démagogie incontrôlable. Faut-il encore rappeler qu’il y eut déjà le long et sempiternel problème du délestage, ou encore la montée en puissance des vindictes populaires que le régime Rajaonarimampianina a eu grand mal à gérer. Un autre point est ressorti de ce  « rendez-vous du Président»: l’alliance avec la Chine tant redoutée et qui est annoncée comme source d’espoir. Une alternative perçue par les analystes comme un moyen de s’écarter des bailleurs de fonds traditionnels à défaut de respect des conditions imposées telles que la bonne gouvernance, le respect des droits de l’Homme, la lutte contre la corruption, entre autres. S’allier avec la Chine signifie s’affranchir de toutes ces exigences perçues davantage par les tenants du régime comme des contraintes plutôt qu’un devoir d’honnêteté et de transparence envers le peuple. 

Opération  de « blanchiment » 

Cette campagne visait, a priori, à blanchir un Président dont l’image est pourtant déjà ternie par ses nombreuses promesses non tenues, ses paroles en l’air, ainsi que ses réalisations se résumant à des petites infrastructures de « Fokontany ». Il va sans dire des multiples violations de la Constitution que le numéro un de l’Exécutif a solennellement promis de respecter lors de sa prestation de serment. Par définition, un pédagogue est une personne qui a les qualités d’un bon enseignant. L’on est tenté de se demander quels bons enseignements les Malagasy pourraient bien tirer de ce quinquennat de Rajaonarimampianina. Le peuple a surtout appris à souffrir un peu plus du délestage, à s’adapter à l’inflation galopante, à s’habituer davantage à l’injustice et à la corruption, et à s’appauvrir un peu plus. Bref, pour bon nombre d’observateurs, Hery Rajaonarimampianina est loin de revêtir l’habit d’un pédagogue et ce n’est d’ailleurs pas pour cela que la majorité des électeurs l’avaient élu aux présidentielles de 2013. En revanche, il excelle dans la démagogie qui est devenue même sa spécialité au fur et à mesure que son mandat s’achève. En attendant la prochaine échéance électorale de 2018, la patience est encore de mise car « le Président continue dans la voie qu’il s’est tracé pour réussir le développement ».

 Sandra R.

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Editorial

  • Elan national
    Les portes de la Commission mixte, Malagasy et Français chargée de trancher sur le sort des îles Eparses, s’ouvriront ce lundi 18 novembre 2019 à Antananarivo (Andafiavaratra) avec en toile de fond un tableau apparemment contrasté. D’une part, la récente déclaration, incendiaire et provocante, d’Emmanuel Macron aux îles les Glorieuses  « Ici c’est la France ! » De l’autre, la détermination de Madagasikara de vouloir « récupérer » à tout prix les îles malagasy sournoisement appelées « îles éparses ». Les autorités malagasy, soutenues par l’ensemble de l’opinion nationale, campent sur leur position à savoir les cinq perles dites îles Eparses (Europa, Bassa da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin) sont malagasy et ce conformément aux deux résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 12 septembre 1979 portant n° 34/91 et du 11 décembre 1980 n°35/123.  

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