Publié dans Politique

Kidnapping d’Indo-pakistanais - Yanish Ismael, 91e victime

Publié le lundi, 15 mai 2017

Entre 2010 et 2017, 90 enlèvements de ressortissants français d’origine indo-pakistanaise ont été recensés. L’information avait été révélée notamment par le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (Cfoim), au lendemain du kidnapping d’un adolescent du côté d’Andranomena au mois d’avril dernier.

Le fils du propriétaire de l’Eden avait été libéré après une semaine de captivité et les enquêtes avaient alors débouché sur le placement en détention préventive des présumés auteurs ou complices du rapt. En tout cas, en se référant à cette statistique effarante est effrayante, il y a donc eu 13 kidnappings par an, soit presque un par mois, durant les sept dernières années. Yanish Ismael est donc le 91e à être victime de ces enlèvements scrupuleux à Madagascar. Ce fils d’un opérateur économique connu est le troisième à avoir été kidnappé cette année après le directeur général (Dg) de Caromad et le fils du propriétaire d’Eden. Cela fait presque un kidnapping tous les deux mois depuis le début de cette année. Une escalade qui avait fait fortement réagir le Cfoim au mois d’avril dernier, dénonçant que « la ligne rouge a été franchie ».  

En tout cas, la question que se posent bon nombre d’observateurs avertis, est de savoir qui sont les véritables cerveaux de ces opérateurs de kidnapping ? A qui profitent également les milliards de rançons collectés durant ces enlèvements ? A tort ou à raison, certains observateurs dont des membres de la communauté « karàna » dénoncent que certains enlèvements sont le fait de règlements de compte liés à des intérêts commerciaux entre les ressortissants de cette même communauté.  D’autres pensent par ailleurs que ces enlèvements profitent à des ressortissants malagasy. Il ne faut pas oublier que le motif principal de ces enlèvements dans un pays d’une extrême pauvreté est et reste l’argent. D’ailleurs, selon les autorités malgaches, les ravisseurs appartiendraient à des « réseaux bien organisés » dans lesquels figurent des membres des Forces de l’ordre et de hauts responsables civils. A titre d’exemple, suite aux enquêtes menées dans l’affaire du kidnapping du Dg de Caromad, trois gendarmes ont été écroués la semaine dernière. 

Il faut avouer que jusqu’ici, seuls les petits poissons sont interpellés puis croupissent en prison, quand ils ne sont pas abattus comme des bêtes par les Forces de l’ordre… C’est le cas d’un prénommé « Bina », accusé d’être un auteur de kidnapping, et qui est tombé sous les balles de la Police la semaine dernière. Les véritables commanditaires restent impunis. Car il faut remarquer que ceux qui sont tombés dans les filets des Forces de l’ordre n’ont généralement que peu voire pas du tout d’argent sur eux. On se demande où passent donc toutes les rançons? Hier, en marge d’une réunion extraordinaire des ministres concernés par la recrudescence des actes de violence dans la filière « vanille », le Premier ministre (Pm) Solonandrasana Olivier Mahafaly a appelé à la vigilance. Le numéro Un de Mahazoarivo a également indiqué qu’il était de la responsabilité du pouvoir de lutter et de tout faire pour éviter les kidnappings, ainsi que de faire en sorte d’interpeller les membres des réseaux auteurs de ces enlèvements. Certains observateurs suggèrent au chef du Gouvernement de prendre comme base de départ, la liste des responsables impliqués dans les affaires de kidnapping que l’ancien ambassadeur de France à Madagascar François Goldblatt avait remise à l’Exécutif malagasy.  Aucune suite n’a été donnée à cette liste, tout comme la liste des personnalités impliquées dans le trafic illicite de bois de rose que l’ancien Pm de la transition Omer Beriziky, avant de quitter Mahazoarivo, avait remise au Président Hery Rajaonarimampianina…

 

Lalaina Andriamampionona

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Editorial

  • Elan national
    Les portes de la Commission mixte, Malagasy et Français chargée de trancher sur le sort des îles Eparses, s’ouvriront ce lundi 18 novembre 2019 à Antananarivo (Andafiavaratra) avec en toile de fond un tableau apparemment contrasté. D’une part, la récente déclaration, incendiaire et provocante, d’Emmanuel Macron aux îles les Glorieuses  « Ici c’est la France ! » De l’autre, la détermination de Madagasikara de vouloir « récupérer » à tout prix les îles malagasy sournoisement appelées « îles éparses ». Les autorités malagasy, soutenues par l’ensemble de l’opinion nationale, campent sur leur position à savoir les cinq perles dites îles Eparses (Europa, Bassa da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin) sont malagasy et ce conformément aux deux résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 12 septembre 1979 portant n° 34/91 et du 11 décembre 1980 n°35/123.  

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