Publié dans Politique

Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona - Riana Andriamandavy VII passe la nuit chez Claudine R.

Publié le mardi, 16 mai 2017

L’intouchable Riana Andriamandavy VII a encore frappé. Dans la nuit de lundi, un acte peu catholique perpétré par le sénateur Hvm s’est déroulé dans la chambre 126 de l’Hjra à Ampefiloha. Là où depuis son retour d’une évacuation sanitaire à l’île Maurice suite à son mandat de dépôt décidé par la Chaîne pénale, Claudine Razaimamonjy, une des conseillères, officielles ou officieuses, du Président de la République, s’y trouve. Et ce, en raison de « son état de santé qui nécessite encore un suivi ». 

La fameuse chambre 126 de l’Hjra devient ainsi la cellule de détention de la propriétaire du grand hôtel A&C à Ivato, accusée de multiples infractions dont le détournement de deniers publics. Depuis son « incarcération » à l’Hjra, des bruits ne cessent de circuler que la milliardaire ne s’y trouve même pas. Et la visite inopinée avortée par le premier substitut, il y a une quinzaine de jours, n’a fait que conforter cette rumeur, si bien que le lendemain, une « visite guidée » en faveur de certains journalistes a dû être organisée afin de prouver que la prévenue est bel et bien malade et alitée dans la chambre 126. Cela n’a pas pour autant mis un coup d’arrêt à Dame rumeur qui, en fin d’après-midi de lundi, s’est de nouveau amplifiée annonçant que la conseillère du Président aurait quitté en catimini son lieu de « détention ». Afin de vérifier l’information, des journalistes ont pris dare-dare la direction de l’hôpital sans omettre de recouper l’information auprès du syndicat des magistrats de Madagascar (Smm) qui, par le biais de sa présidente Fanirisoa Ernaivo, est également venu sur place  pour en avoir le cœur net. Comme lors de la première visite inopinée, menée par ce substitut du procureur dans la soirée du dimanche 30 avril dernier, la délégation du Smm n’a pas pu effectuer le contrôle. 

Porte fermée

Se heurtant à une porte rigoureusement fermée de l’intérieur, le leader du Smm s’est entretenu avec l’agent pénitentiaire qui assurait la garde de Claudine Razaimamonjy. Celle-ci a confié que 6 personnes, dont le sénateur de Fianarantsoa et non moins beau-frère de la milliardaire, se trouvaient dans la chambre 126. Ces visiteurs y seraient entrés depuis 18h 30. Une situation qui amène d’ores et déjà à remarquer que ces présences ne sont en conformité ni avec le statut de prévenu de la conseillère présidentielle, ni avec le règlement de l’hôpital où les heures de visite sont limitées. Craignant la présence massive des journalistes, les visiteurs en question ont passé la nuit avec la patiente et n’ont quitté la chambre 126 que très tôt hier vers 6 heures du matin. Le sénateur en costard bleu et son épouse, ainsi que 5 autres personnes ont discrètement quitté les lieux. Photographié par les membres de la presse, le sénateur de Fianarantsoa a encore pu lancer qu’il « n’avait pas peur ». Une phrase qui en dit long sur son audace à faire fi de la loi malgré les poursuites judiciaires qui pèsent contre lui.

Des visites étranges

Après lecture du cahier de mouvement tenu par les agents pénitentiaires et destiné à inscrire toutes les visites, le nom de Riana Andriamandavy VII et ceux de sa délégation n’y figuraient pas. Un autre détail frappant, on a pu remarquer que les visites inscrites dans le fameux cahier s’effectuaient uniquement pendant les jours ouvrables et aucune ne se faisait durant le week-end. Est- ce à dire que Claudine Razaimamonjy était absente de l’hôpital durant les samedis et dimanches ? 

La question en appelle d’autres. Les visiteurs avaient-ils un permis de communiquer ou permis de visite – pièce nécessaire pour pouvoir rendre visite à un détenu – pour se permettre autant d’allers et retours ? Pour en revenir au contrôle des magistrats, la délégation composée du substitut du procureur n’a pu faire le contrôle que le lendemain, c’est-à-dire hier vers 11h 30 sous présentation de l’ordre de mission numéro 354-AJ/17 en date d’hier. A la sortie de la visite, la présidente du Smm a assuré que Claudine Razaimamonjy était bel et bien dans la chambre d’hôpital. 

« Elle a essayé de cacher son visage, mais nous lui avons demandé de se dévoiler. C’était bien elle », a affirmé Fanirisoa Ernaivo. En tout cas, la propriétaire d’A&C affirmait devant les magistrats qu’elle était toujours malade. Curieusement, durant la présence des journalistes sur les lieux, soit du lundi à 18 h30 au mardi à 11h30, la patiente qualifiée de souffrante et nécessitant un suivi particulier, n’a reçu la moindre visite des médecins. Cela signifie, souhaitons-le, que Claudine Razaimamonjy est presque rétablie et ce malgré ses dires, d’une voix basse et plaintive, lors du face-à-face avec la présidente du Smm qu’elle est toujours malade…

S.R. et R.M.

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Editorial

  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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