Publié dans Politique

Campagne de vanille - L’avertissement de Solonandrasana Olivier fait rire

Publié le mercredi, 17 mai 2017

Plus d’un a ri sous cape quand le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana a exhibé ses mesures punitives à l’encontre des fonctionnaires dont les agissements nuisent au bon déroulement de la prochaine campagne de vanille. Le prix du kilo du produit prêt à exporter a atteint la barre de 2 millions d’ariary voire plus mercredi à Antalaha. Le kilo du vert franchit aussi le seuil des 300 000 ariary dans d’autres endroits.

La tentative est ainsi forte pour les différents acteurs de passer outre les réglementations en vigueur, Madagascar étant le premier producteur mondial de vanille. Selon des indiscrétions, des représentants de l’Etat dans la Région de Sava et celle d’Analanjirofo ont des mains liées à la recrudescence du trafic illicite de la vanille et de l’insécurité rurale subséquente. Ils sont sous la responsabilité directe du locataire de Mahazoarivo qui occupe en même les fonctions du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. D’autres parties prenantes sont aussi de combine avec eux. C’est le cas des opérateurs économiques eux-mêmes, des fonctionnaires de la Direction régionale du Commerce et de la Consommation, des hommes de la loi… Tous fonctionnent en réseaux.

Etat de non droit

Le cas de Toamasina en particulier fait parler de lui. Sa Chambre de commerce et d’industrie, un acteur majeur de l’export de la vanille, entre autres, est « sans tête » après l’expiration du mandat du comité ad hoc. Une nouvelle élection devrait être organisée. Pourtant, ceci n’est pas encore envisagée jusqu’à nouvel ordre alors que, pour d’autres, les équipes entrantes sont déjà en place à l’instar de celle d’Antsirabe (cf. La Vérité du 17 mai).

Le chef de Région d’Atsinanana, le préfet de Toamasina et la directrice régionale du Commerce et de la Consommation auraient dû lancer la machine électorale depuis la semaine passée. Toutefois, aucune décision dans ce sens n’a été rendue publique jusqu’ici. Beaucoup suspectent de la sorte que l’équipe du ministère du Commerce et de la Consommation, conduite par Armand Tazafy, aurait joué avec le temps dans le but non avoué de jongler avec l’année électorale de 2018. Ambohidahy semble œuvrer à installer des porteurs de cravate bleue à la tête des Chambres consulaires. En attendant, tout va de travers sur le terrain. Vavatenina ressemble en ce moment à un petit « Western » en cette veille d’ouverture officielle de la campagne de vanille. Quasiment toute personne opérant dans la filière paraît hors de contrôle. « C’est comme s’il s’agissait d’un Etat de non droit ici », regrette une source locale qui garde l’anonymat.

Dans la ville du port, entre-temps, les puissants font la loi avec ce que cela suppose d’évasion fiscale au profit d’une insatiable minorité et au détriment des caisses de l’Etat. Trois clans d’opérateurs y sont identifiés : le groupe des « très puissants », celui des « moyennement puissants » et les « sans force ».

Manou Razafy

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  • Le mensonge d’Etat
    Richard Yung, sénateur français de « la république en marche », de passage au pays, déclarait à l’issue d’une interview qu’il avait accordée à un quotidien de la place que « la France n’a pas de candidat ». Une déclaration qui laissait évasifs et perplexes les analystes des relations existant entre la France et l’Afrique les cinquante dernières années. Certains même la qualifient de dilatoire. En fait, Mr Yung corrobore ce que le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron, annonçait devant les étudiants burkinabé à Ouagadougou le 28 novembre 2017 selon lequel « qu’il n’y avait pas de politique africaine de la France ».

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