Publié dans Politique

Eliana Bezaza : - « Le kidnapping un problème national mais pas uniquement à la communauté Karana »

Publié le vendredi, 16 juin 2017

Chaque grand thème de la vie nationale passe tour à tour dans les réunions hebdomadaires du parti Psd pour être soumis à des diagnostics sérieux et ce, pour en trouver les solutions. La semaine dernière, la question sécuritaire était au menu. Les vols de boeuf, le grand banditisme, les vindictes populaires et les kidnappings ont été vus en détail.

Il était convenu lors de cette réunion que le parti Psd va se lancer très prochainement à des travaux de sensibilisation de l’opinion nationale et internationale afin de trouver d’une manière concertée les solutions urgentes et idoines. Interview de Eliana Bezaza, secrétaire national du parti.

La Vérité: Le Parti Psd lance un projet de sensibilisation de l’opinion nationale et internationale sur les questions sécuritaires qui prévalent en ce moment dans le pays. En quoi consiste le projet et dans quel objectif ?

Eliana Bezaza : « Le pays avance dangereusement vers une situation que je qualifie de glissement dans le vide pour donner l’image de l’immensité des dégâts que pourra engendrer cette question sécuritaire si on n’arrive pas à y mettre un cran d’arrêt tant qu’il est encore temps. Le Psd estime que le problème est immense, qu’il ne faut pas laisser pourrir cette situation en passant notre temps à se renvoyer les responsabilités. Le seuil de gravité extrême est déjà franchi. Le pays risquera de connaître une période la plus douloureuse de son histoire si on ne fait pas quelque chose pour sauver cette situation. Nous allons dans le futur proche organiser une rencontre des différentes entités touchées directement par ces questions  sécuritaires pour discuter d’une manière très sérieuse et à la loupe ces fléaux. Le Psd estime que l’émergence massive de ces violences est le résultat d’un enchaînement des faits sociaux qui évoluent spontanément, étant engendrés par de nouveaux états d’esprit et de comportements sociaux greffés sur les différentes  crises cycliques et totalement en dehors du cadre global des valeurs traditionnelles et juridiques. Par manque de vision ou de moyens ou encore par inconscience ou quelquefois même par complicité des quelques hauts responsables, l’Etat a laissé en roue libre cette crise et les résultats sont là, vécus quotidiennement par le peuple malagasy dans sa totalité. Il faut d’urgence se concerter pour trouver ensemble les solutions idoines. Ces tâches de sensibilisation de l’opinion en général incombent aux partis politiques car c’est la nation malagasy qu’on veut détruire ».

Question : Est-ce que le Psd n’est pas trop pessimiste en évoquant une volonté de détruire la Nation malagasy dans ce problème sécuritaire alors que la plupart sont des actes de banditisme complètement, en fait, isolés.

Eliana Bezaza : « C’est une grave erreur de  ne voir que les parties superficielles des choses. Derrière tous ces actes de violence, que ce soit le vol de boeuf dans les différentes zones rouges ou les attaques à main armée pour s’emparer des biens des familles ou des opérateurs économiques, il y a trois choses essentielles : on veut détruire notre économie : là où il y a des richesses minières importantes, les grandes zones d’élevage et les grandes plantations de rente, les violences sont présentes. On veut détruire nos valeurs ancestrales 

du « fihavanana », de vivre ensemble et du respect de la vie : la circulation massive d’armes de guerre aboutira tôt ou tard à une guerre civile alors que, historiquement et naturellement parlant, nous sommes un peuple pacifique et uni. Combien de personnes ont péri dans ces violences alors que toucher à la vie nous est « fady » depuis toujours. Bref, c’est la société malagasy, ce sont nos valeurs ancestrales et c’est notre économie nationale qu’on veut détruire ».

Question : Comment voyez-vous les actes de kidnapping qui ciblent spécialement les communautés Karana ?

Eliana Bezaza : « Là encore, nous avons tort d’être indifférents à ces phénomènes en considérant naïvement que cela ne concerne que les Karana. Il n’y a pas des faits isolés car tout s’enchaîne. D’abord depuis la semaine dernière, il y a déjà une évolution malheureusement importante car un couple d’opérateur économique malagasy a été la cible des kidnappeurs à Ivato.

Par leur existence séculaire, le Président Tsiranana a invité la population malagasy à considérer la communauté Karana comme la 19e tribu de la Grande île. Qu’on le veuille ou non, toucher à cette communauté c’est mettre à mal les composantes de la société malagasy dans son ensemble et l’économie malagasy dans sa majeure partie car d’aucuns n’ignorent que presque les 40% de l’économie malagasy sont entre les mains des communautés Karana. En outre, avec ce problème de kidnapping à répétition - car en ce qui concerne les cas qui ont touché les Karana, le nombre a atteint le cap des 90 en l’espace de quelques années seulement -, notre image à l’extérieur est très mauvaise alors que nous avons comme objectif de faire la promotion de notre pays pour faire venir les investisseurs étrangers. Il y a enfin, les valeurs internationales et notamment onusiennes car notre indifférence vis-à-vis de cette violence est une grave atteinte aux droits de l’Homme ».

Recueillis par Kamy

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Editorial

  • De façon draconienne !
     Les grands pays occidentaux, au tout début de l’industrialisation et du grand boum des activités industrielles entre les 18e et 19e siècles, furent des pays d’accueil. En effet, la révolution industrielle qui exigeait pour une pleine expansion et une rentabilité rapide demandait une main-d’œuvre abondante et …moins chère. Les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, à titre d’exemple, recevaient à bras ouverts les migrants arrivés sur leurs sols.

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