Publié dans Politique

Ministère de la Santé publique - De grosses magouilles sous forme de dépenses injustifiées

Publié le dimanche, 18 juin 2017

Le ministère de la Santé publique (Minsan) est un des départements qui ont besoin d’un électrochoc. Gangrenée par trop de magouilles, son administration est parmi les moins performantes et efficientes alors que le régime ambitionne de faire du sort des plus démunis et des plus vulnérables une de ses priorités absolues.

A preuve, les récentes invectives de la conférence épiscopale des évêques de Madagascar qui ont  vertement fustigé, entre autres, le secteur de la santé publique. L’incident survenu à Toliara la semaine dernière est un énième fait traduisant les pratiques irresponsables qui règnent au sein de ce département ministériel. Un document qui rend compte du procès-verbal établi le  16 mars dernier à l’issue de la restitution de l’audit des programmes financés par la Global alliance for vaccines and immunization (Gavi) est hautement révélateur à ce propos.
Incohérences
Ce sont des initiatives destinées à renforcer le système de santé (Rss) et de vaccination conformément au Plan de développement du secteur santé (Pdss) en référence au Plan national de développement (Pnd) dont le régime Rajaonarimampianina n’a de cesse de se vanter. Ladite restitution à laquelle les représentants des partenaires dont la Banque mondiale, l’Union européenne, la Coopération française, outre l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et ses partenaires habituels, a eu lieu à Befelatanana du 28 février au 16 mars. De son côté, la partie gouvernementale est conduite par le directeur de cabinet du ministre Mamy Lalatiana Andriamanarivo. Il en découle alors un bilan consternant. Seulement 1 % des activités est suffisamment justifié si le total des taux des dépenses injustifiées et inéligibles dépasse les 70 %. Beaucoup d’irrégularités et d’incohérences ainsi que de défaillances dans la tenue de la comptabilité, du contrôle et de l’archivage des pièces justificatives ont aussi été soulevées.
« Ami du ministre »
De même, les résultats de l’audit pour l’appui au Rss présentent des éléments accusateurs à l’encontre des hauts responsables ministériels. Par exemple, près de 31 % des audits sont invalidés et des pièces falsifiées ont été utilisées. Partant, 25 % des montants des activités sont suffisamment justifiés alors que 71 % des montants des factures sont insuffisamment justifiés, et ce, sans citer les autres détails encore plus ahurissants. L’un des moments de la plus grande surprise, en parcourant rapidement le procès-verbal, est venu à la lecture du passage indiquant l’existence du double paiement des factures des 50 motos pour un même fournisseur clairement dit « ami du ministre ». La plupart desdites motos sont non livrées aux centres de santé de base bénéficiaires et non achetées carrément. L’énumération des recommandations termine le procès-verbal.
Gaspillage
Que Dieu nous pardonne si des pauvres sont morts parce que ces structures sanitaires peinent à fonctionner correctement ! Des évaluateurs internationaux ont déjà souligné que le taux d’exécution budgétaire du Minsan a depuis des années oscillé autour de 30 à 40 %. En d’autres mots, les 60 à 70 % des appuis budgétaires provenant de l’extérieur, qu’il s’agisse de dons ou de prêts, sont comme de l’argent jeté par la fenêtre.
Le Minsan a fait beaucoup parler de lui ces temps-ci. Tant d’incidents majeurs qui dénotent la mauvaise gouvernance en son sein ont tendance à se répéter. Le gaspillage à travers la multiplication des voyages internationaux, inutiles pour la plupart (cf. La Vérité du 27 mai), est monnaie courante. Il sied de souligner que l’effectivité de la Couverture en santé universelle (Csu) profitera à l’ensemble de la population malgache.
Enrichissement illicite
Les partenaires sont prêts à l’appuyer. Mais la récurrence des magouilles qui grippent la gestion financière du Minsan peut les inviter à faire machine arrière. En effet, les bailleurs sont en bon droit d’exiger le remboursement intégral des dépenses injustifiées et inéligibles avant de décider l’attribution de prochaines aides. Laisser taire les magouilles revient donc à dire légitimer l’enrichissement illicite d’une minorité aux dépens de tous les Malgaches. Par ailleurs, les marchés publics pour le compte de ce département figurent parmi les cibles des agissements de la plus célèbre femme malgache Claudine Razaimamonjy dans le viseur du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Cet aspect doit aussi interpeller l’Inspection générale d’Etat, un service réputé pour la rigueur de ses investigations. Ce sont des concours financiers venant de l’extérieur au nom du peuple malgache qu’il s’agit.
La rédaction

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Editorial

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