Publié dans Politique

Affaire Claudine Razaimamonjy - L’Etat victime de ses propres turpitudes

Publié le mardi, 20 juin 2017

La saga judiciaire autour de Claudine Razaimamonjy continue de tenir le monde entier en haleine. Après le transfert à polémique de l’opératrice économique à la prison de Manjakandriana, certaines informations répercutées dans la presse soutiennent qu’une résidence privée située à 30 mètres de la prison a spécialement été affrêtée pour accueillir cette proche du couple présidentiel malagasy. Une information démentie par le directeur de l’établissement pénitentiaire de Manjakandriana, qui indique toutefois que la villa en question servirait de logement pour les proches de la détenue…  Du côté des proches du régime, on continue de crier comme depuis le début de cette affaire à l’acharnement.

A y voir de plus près, il semblerait que ce soit  plutôt le pouvoir lui-même qui est le premier responsable de l’agitation autour de cette histoire. Pour bon nombre d’observateurs en effet, si cette baronne du Hvm avait rejoint la maison centrale d’Antanimora après que la Chaîne pénale anti-corruption ait prononcé son placement sous mandat de dépôt pour y attendre la date de son procès, tout le tapage actuel autour de cette affaire n’aurait probablement pas eu lieu.  Cependant, au lieu de suivre ce cheminement, les barons du parti présidentiel Hvm et la haute sphère du pouvoir ont joué et continuent de jouer le tout pour le tout afin de soustraire la multimilliardaire femme d’affaires Claudine Razaimamonjy de la procédure judiciaire.  Ces velléités ont commencé quand le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a ordonné le  3 avril dernier l’arrestation de cette personne jusque-là jugée intouchable et jusqu’à ce transfert à la prison de Manjakandriana.  L’opinion se rappellera notamment de la conférence de presse au beau milieu de la nuit du ministre de la Justice pour réclamer la libération de cette opératrice ou encore du communiqué de presse du ministre de la Communication pour soutenir que cette affaire n’était point une affaire d’Etat, en passant par les actes empreints de violences du sénateur Riana Andriamandavy VII devant le portail du Bianco lors des auditions de sa belle sœur.  Ce sont ces velléités de certains membres du cercle proche du pouvoir de soustraire Claudine Razaimamonjy d’une décision de justice qui contribuent à ce que l’affaire soit aussi commentée dans la presse et ailleurs sur les réseaux sociaux jusqu’à aujourd’hui. Pour la plupart des observateurs, le pouvoir semble cultiver  l’impunité. Une impression qui amène à la perte de confiance du peuple malgache à leurs dirigeants.  C’est pour ces raisons que bon nombre de citoyens ont émis des doutes sur la présence effective de cette dernière dans la chambre 126 du service de neurochirurgie de l’Hjra après son évacuation à l’île Maurice. Les mêmes doutes sur sa présence effective dans sa cellule ont fleuri lorsque la détenue a été transférée à la maison centrale d’Antanimora et puis par la suite à la maison centrale de Manjakandriana, sont issues des mêmes raisons. En tout cas, pour certains analystes, un grand pas dans la lutte contre l’impunité et la corruption sera franchi si cette affaire va jusqu’à son terme sans les multiples interventions qui ont jalonné la procédure jusqu’ici.
Recueillis par  L.A.

Fil infos

  • Stade de Mahamasina - La réhabilitation incontournable !
  • Détournement de deniers publics - Liberté provisoire refusée pour Claudine Razaimamonjy et le maire d’Ambohimahamasina
  • Revendication des îles éparses - La cohésion nationale, condition primordiale du succès
  • Vague de limogeage à la JIRAMA - La Direction générale fait fausse route
  • Mairie d'Antananarivo - Des sénateurs appellent à voter pour Naina Andriantsitohaina
  • Accident mortel de la circulation - Le MD automatique, une aberration
  • Corruption et détournements - Un ministre de la Transition et deux ministres HVM devant la Haute Cour de Justice
  • Naina Andriantsitohaina - « Il est temps de penser à la population »
  • Problème d’électricité et de distribution d’eau - Ras-le-bol de la population
  • Andry Rajoelina à Morondava - Réouverture imminente de la SUCOMA

La Une

Editorial

  • Corporatisme et impunité
    Lors de la « Concertation nationale des grands responsables de la Police nationale tenue à Ivato (CCI) le 20 août 2019, le Premier ministre Ntsay Christian sort de ses gonds. D’habitude conciliant dans ses interventions publiques, le Chef du Gouvernement n’a pas pu retenir la colère face à la défense exclusive et parfois aveugle des intérêts professionnels constatée au sein de la Police nationale. Ntsay a tapé sur la table ! Il dénonce le comportement corporatiste qui frise l’impunité dans les rangs des Forces de l’ordre.Néanmoins, le scélérat geste le moins que l’on puisse dire de la Police nationale n’est seulement le fait de cette unité des Forces de l’Ordre, le regrettable comportement s’enregistre malheureusement aussi chez d’autres Corps de métier et qui s’apparente à une tendance généralisée à asseoir l’impunité en tant que système. De l’immunité parlementaire. Les largesses que la Loi fondamentale donne jouissance à un parlementaire préoccupent le citoyen…

A bout portant

AutoDiff