Publié dans Politique

Sénateur Jafetra Randriamanantsoa - Rehausser les budgets ministériels pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle

Publié le vendredi, 14 juillet 2017

En marge de la conférence de la FAO qui s’est tenue à Rome la semaine passée, le directeur général José Graziano da Silva a insisté sur le rôle clé à jouer par le Parlement aux côtés des gouvernements, de la société civile, du secteur privé, des agences internationales et des donneurs en vue de « créer une génération faim Zéro ». Le sénateur de Madagascar Jafetra Randriamanantsoa, expert en développement rural et président de l’Alliance parlementaire pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (APMSAN), y était invité pour présenter le cas de Madagascar. Interview.

La Vérité (+) : Qu’est-ce que l’APMSAN ?
Sénateur Jafetra Randriamanantsoa (=) : Elle est créée le 14 février dernier suite à la visite à Madagascar du DG de la FAO en août. Les discussions avec ce haut responsable onusien ont mis en exergue les éventuelles contributions du Parlement aux problématiques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Il a rappelé l’engagement de Madagascar vis-à-vis des Objectifs de développement durable. Ceux-ci consistent à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable. Ce sont les domaines de la FAO qui a aussi rappelé l’engagement de notre pays vis-à-vis de la Seconde conférence internationale sur la nutrition focalisée sur l’élimination et la prévention de la faim et de la pauvreté sous toutes ses formes. Presque toujours, le pouvoir exécutif s’occupe des activités. Pourtant, elles ont besoin de cadre juridique. D’où l’idée de mettre en place l’APMSAN pour examiner tous les textes réglementaires se rapportant à la sécurité alimentaire et nutritionnelle depuis 1960. Le constat est que soit ils sont méconnus car étant bien gardés au fond du tiroir, soit ils ont carrément besoin d’une révision. Leur inventaire s’impose alors.

+ : Qu’est-ce qu’elle va faire concrètement ?
= : Toutes les mesures législatives disponibles constituent une base essentielle pour nous. Il en est de même de la supervision de la politique générale de la production alimentaire, de la consommation, de la distribution des nourritures… Il est paradoxal qu’un pays à vocation agricole comme le nôtre souffre de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Il y a forcément quelque part des lacunes à corriger au moyen des lois. L’APMSAN se charge de la coordination des tâches envisagées à cette fin. En notre qualité de représentants des collectivités territoriales décentralisées, on fait aussi œuvre d’éducation et de sensibilisation à tous les niveaux. Un des blocages les empêchant d’accéder à des ressources concerne leurs plans communaux de développement qui sont souvent mal présentés. Les questions alimentaires et nutritionnelles doivent en faire partie intégrante dorénavant en harmonie avec la loi. Du coup, tous les ministères sont concernés. Pour ce qui est du foncier en particulier, les responsables communaux seront conseillés à trouver des partenaires pour valoriser à des fins agricoles à la limite la moitié des terrains domaniaux dans leurs circonscriptions. Des subventions de l’Etat sont envisageables à ce propos.

+ : Qu’avez-vous alors exposé à Rome ?
= : L’Alliance n’a pu voir le jour sans la validation par la FAO de notre requête. Je me suis alors chargé de présenter à Rome les raisons d’être de l’APMSAN, de sa mission et de son rôle pour que cet organisme onusien puisse ajuster son appui à cette structure. Rome a validé toutes les étapes franchies jusqu’à maintenant. Un accent particulier est mis sur la séparation du rôle du gouvernement et de celui du Parlement. De fait, il nous revient de voir si les fonds obtenus des bailleurs dans les domaines alimentaire et nutritionnel en particulier sont effectivement utilisés à bon escient. Si de nouveaux textes sont nécessaires, nous sommes là pour cela et veiller à leur application.

+ : Mais les habitants ont besoin que les nourritures parviennent à leur bouche ?
= : Je tiens à remarquer qu’il revient au gouvernement de gérer les aides. Notre rôle se limite à la validation ou non des propositions gouvernementales. Les financements sont régis par la loi. Si, par exemple, le budget alloué au département de l’Agriculture va subir une baisse, notre intervention sera de parlementer en vue de son augmentation. Je veux que cet aspect soit clair pour tous. Des membres du gouvernement n’en sont pas bien conscients. On s’abstient de marcher sur la platebande des autres.

+ : Hélas, les parts des budgets pour l’Agriculture sont souvent minimes ?
= : La prochaine session examinera le budget 2018-2019. Ce sera une occasion pour l’APMSAN, entre autres, de se montrer pointilleuse. Ce n’est pas uniquement l’Agriculture. La sécurité alimentaire et nutritionnelle concerne tous les secteurs. C’est à nous de voir dans quelle mesure leur budget respectif soit à même de relever les défis. Nous exhortons donc d’ores et déjà chaque ministère à revoir leur part budgétaire respective.

+ : Concrètement, comment fonctionnez-vous à partir de maintenant ?
= : Tous les ministères-clés seront chacun convoqués pour indiquer ce qui a été entrepris et/ou abandonné. Nous avons des interlocuteurs dans les différents départements ministériels. Ils sont tous dotés d'un service administratif juridique et contentieux. Notre plan d’action prévoit qu’ils s’attellent à l’inventaire dont il est question plus haut. Le Sénat et le gouvernement seront plus tard amenés à signer une lettre d’engagement. La fourniture des informations dont nous aurons besoin en fera partie. La FAO nous demandera des comptes au cas où le gouvernement exécuterait mal les projets impliquant les partenaires financiers et techniques. Nous intégrerons à terme l’Alliance panafricaine pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Propos recueillis par Manou Razafy

 

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  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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