Publié dans Politique

Fermeture Collège international la Lumière - Erdogan exige, Rajaonarimampianina exécute

Publié le mercredi, 16 août 2017

Ainsi soit-il. Le Président de la République malgache a fini par céder à la pression du président Turc Recep Tayyip Erdogan.  Hery Rajaonarimampianina a donc privilégier la relation diplomatique avec la Turquie.
Lors de son passage dans la Grande-île, le numéro Un turc avait demandé implicitement et diplomatiquement la fermeture des ramifications ouvertes par l'association de son ennemi Fethullah Gulen, qu'il accuse d'être l'auteur de coup d'Etat de l'an dernier. Quelques mois plus tôt, l'ambassadeur turc à Madagascar avait laissé entendre des dessous terroristes derrière le mouvement güleniste. Une accusation terroriste réfutée par les représentants du mouvement Hizmet à Madagascar.

Ménageant le chou et la chèvre, le Chef de l'Etat malagasy avait refusé de répondre instantanément à son homologue turc préférant agir plus discrètement par la suite. En effet dans la foulée de la venue du dirigeant turc, Hery Rajaonarimampianina a exécuté les demandes de son semblable.
Ainsi, l'Etat malagasy par l'entremise du ministère de l'Education nationale a ainsi décidé de retirer l'autorisation d'ouverture du collège La lumière internationale, à Talatamaty, fondé par le mouvement Hizmet appartenant au réseau de Fethullah Gulen, un ancien allié du Président Erdogan devenu l'ennemi public numéro un du régime turc. 
Comme motif, le ministère de l'Education nationale avait avancé des irrégularités techniques et la situation précaire du personnel enseignant turc. Cependant, tout porte à croire que les raisons derrière cette décision ne relèvent pas uniquement du côté technique. Pour bon nombre d'observateurs, l'histoire de faux papiers de séjour dans laquelle est impliquée une dizaine d'enseignants du collège, de nationalité turque, avait uniquement pour finalité de fermer l'école en question…
Pour 60 millions de dollars
L'établissement a en tout cas saisi le Conseil d'Etat pour demander le sursis à exécution et l'annulation de cette décision gouvernementale. Au cours d'une audience la semaine dernière, la demande de sursis à exécution a été rejetée par cette haute juridiction. Le verdict concernant la requête annulation est attendu pour la fin de ce mois. En attendant donc, l'établissement reste fermé.
Une décision prise quelques mois après la visite d'une délégation turque dans le pays, dirigé par Recep Tayyip Erdogan pour convaincre les autorités de la « dangerosité » du mouvement Gülen, auquel Ankara impute la tentative de putsch du 15 juillet contre le président turc.
L'Institut Ravinala autre organisation membre de la fondation du prédicateur turc Fethullah Gulen, également dans la mire de gouvernement d'Ankara, devrait être le prochain sur la liste. Quoique l'établissement semble avoir déjà pris les devants. L'Institut a en effet totalement disparu de la circulation ces derniers temps. Plus aucune activité de l'institut n'a été observée depuis quelques mois maintenant.
Contactés, les dirigeants connus au sein de cette organisation ont tous été injoignables. Lors d'un déplacement à Andavamamba, il a été possible de constater que l'institut a plié bagage. Le bâtiment dans lequel siégeait l'institut Ravinala a aujourd'hui un autre occupant.  D'après un riverain, l'institut aurait déménagé du jour au lendemain il y a environ six mois , sans laisser d'explications.
Une chose est sûre, Reccep Tayip Erdogan, Président de la Turquie, a pu tordre le bras de son homologue malagasy sur la fermeture des organisations d'obédience proche de l'opposant Fethullah Gulen. Les promesses de crédits et d'investissements d'un montant de 60 millions de dollars pour financier divers projets et également une assistance technique et financière ou en équipements de plusieurs sortes à l'intention de nombreux départements ministériels malgaches, contre la participation de l'Etat malagasy à l'éradication du réseau Gulen dans le pays, ont vraisemblablement fini par faire vaciller Hery Rajaonarimampianina…
Recueillis par A.R.

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Editorial

  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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