Publié dans Politique

Jean Omer Beriziky - Le Président Rajaonarimampianina, source de la déstabilisation

Publié le jeudi, 21 septembre 2017

Le Premier ministre de consensus sous la transition, Jean Omer Beriziky, s'oppose au projet de révision de la Constitution. « Quel que soit le terme, révision ou changement, je pense que c'est inopportun », lance-t-il au cours d'un entretien. Il demande alors au Président Hery Rajaonarimampianina de retirer sa velléité de toucher à la Constitution.

Le risque de déstabilisation et d'une scission sociétale et politique à Madagascar est réel à cause de cette malheureuse initiative, à son avis. « Il accuse les opposants de toujours vouloir déstabiliser le pays. Mais voilà maintenant qu'il est à la source même de la déstabilisation. C'est contraire à la stabilité que le régime a prônée constamment. Pour une fois, il devrait écouter l'opinion publique. Les citoyens attendent une autre élection et non celle-là », lâche l'ancien locataire de Mahazoarivo.
Vagues d'inquiétude
Les dirigeants actuels devraient s'abstenir d'engager le pays dans l'aventure de retouche constitutionnelle à un an des échéances électorales. Le risque d'instabilité est lié aux interprétations qui peuvent avoir lieu de part et d'autre, selon l'optique de Jean Omer Beriziky. « On parle, dit-il, de calcul politique pour des intérêts personnels et partisans. »
Manifestement, le manège vise à donner une certaine marge au président en exercice le pouvoir de profiter ou user des prérogatives de la puissance publique dont il dispose pour se préparer aux élections. A l'instar des sociétés civiles et autres organisations, des associations comme le Mamimad dont l'ancien ambassadeur à Bruxelles est le président d'honneur sont contre la diablerie ourdie par les tenants du régime.
L'annonce a justement soulevé des vagues d'inquiétude. Notre interlocuteur rappelle que gouverner, c'est prévoir. Le chef de l'Etat qui sera le candidat du parti Hvm aurait pu s'employer à la révision de la Constitution dès le début de son mandat si elle ne lui convient pas. Ou, tout au moins, dès le moment où il s'est porté candidat en 2013, il aurait pu déjà y songer étant entendu que cette loi fondamentale n'est pas idéale.
Jeu malsain
Par ailleurs, au vu et au su de tous, il était parmi les groupes qui la soutenaient à l'époque. Il était dans l'équipe des personnes qui l'avaient défendue bec et ongle. Son revirement actuel ne peut donc qu'être l'expression d'un jeu malsain en préparation tendant à infantiliser le peuple.
« Ceci ne nous donne pas la possibilité d'avancer, de réfléchir au véritable développement du pays », regrette celui qui se présentera aussi à la prochaine présidentielle.
Selon ses dires, Jean Omer Beriziky a fait voter pour le « non » lors du référendum de novembre 2010. « J'ai pourtant accepté après que la Constitution était adoptée en vertu des principes républicains et démocratiques. Mais je trouve malhonnête de la remanier à une année des élections comme elle le prévoit si l'on s'en tient toujours à elle », observe-t-il.
Manou Razafy

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Editorial

  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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