Publié dans Politique

Peste - Initiative individuelle face à l’inertie de l’Etat

Publié le lundi, 02 octobre 2017

Les autorités se sont décidées à lutter contre  l’épidémie meurtrière  de peste annonçant des  « mesures drastiques » en fin de la semaine dernière. De son côté, la population tananarivienne se rue en masse sur les masques respiratoires, vulgairement appelés des « cache-bouches ».  La panique commence à toucher la population. La peur grandit.   Les craintes d’une propagation de l’épidémie se sont accentuées.  Depuis que l’épidémie a officiellement atteint la Capitale, l’inquiétude est à son summum, et ce, bien malgré les annonces et les discours des dirigeants qui se veulent rassurant.  Hier, dès la matinée, cette psychose a poussé la population à se ruer vers les  pharmacies pour acheter des masques respiratoires. 

Des cache-bouches dont beaucoup se demandent s’ils sont véritablement efficaces contre cet ennemi invisible ?  Beaucoup doutent en effet de leur efficacité face à la peste qui a fait 25 morts en un mois. Porter un masque tous les jours n’offrirait pas nécessairement le niveau de protection que les usagers en attendent, selon les propos entendus ici et là.  Notons à ce titre qu’il existe de nombreuses gammes de masques respiratoires, de diverses tailles et formes sur le marché. Les spécialistes recommandent toutefois les masques pouvant protéger les voies respiratoires, à savoir les masques Ffp2 qui peuvent également filtrer les particules les plus fines. Or ces masques sont pour la plupart à usage unique et se protéger quotidiennement peut vite devenir onéreux… L’on se demande à ce titre pourquoi l’Etat ne distribue pas gratuitement ces masques ? Le port du masque n’est pas parfait pour éviter au porteur d’attraper la maladie, soutiennent les spécialistes des maladies infectieuses. Cela dit, on peut dire que porter un masque et se laver les mains réduisent la propagation des micro-organismes. L’usage  impropre des masques diminuerait  leur efficacité, soutient-on. En principe, ces masques ne doivent être utilisés qu’une fois. D’après les explications, il faudrait se laver les mains une fois le masque retiré et brûlé.  Les discours des dirigeants couplés à des annonces de mesures n’ont visiblement pas suffi à rassurer la population. D’une certaine manière, cette course effrénée vers les masques illustre une volonté des tananariviens de prendre des initiatives pour se protéger de la maladie sans attendre les mesures prises par l’Etat. Une manière pour le peuple malgache de combler les déficiences de l'État.  Le Premier ministre Mahafaly Solonandrasana a par exemple annoncé l’interdiction de toutes les manifestations publiques ou encore la prise de dispositions spéciales dans les aéroports et dans les gares routières ainsi que d’une cellule de veille pour tenter d’enrayer la propagation de la maladie. Les citoyens attendent manifestement plus de la part de l’Etat car actuellement ils se débrouillent d’eux-mêmes. Face à l’urgence, beaucoup estiment en effet que des réponses beaucoup plus agressives devraient être prises par l’Etat pour éviter de nouveaux cas et limiter tout risque de nouvelles transmissions. Qu’en est-il par exemple des famadihana qui sont considérés sur les réseaux sociaux comme la cause probable des cycles du réveil pesteux ? Ou encore des enterrements clandestins et non-déclarés ? Autre signe de l’inquiétude croissante, certains parents ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école hier… Force est en tout cas de constater que le régime Hvm reste habitué à jouer les médecins après la mort. Le gouvernement ne s’est décidé à prendre le taureau par les cornes qu’à la suite du décès d’un étranger et sous la pression de la communauté internationale…  

A.R.

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Editorial

  • Corporatisme et impunité
    Lors de la « Concertation nationale des grands responsables de la Police nationale tenue à Ivato (CCI) le 20 août 2019, le Premier ministre Ntsay Christian sort de ses gonds. D’habitude conciliant dans ses interventions publiques, le Chef du Gouvernement n’a pas pu retenir la colère face à la défense exclusive et parfois aveugle des intérêts professionnels constatée au sein de la Police nationale. Ntsay a tapé sur la table ! Il dénonce le comportement corporatiste qui frise l’impunité dans les rangs des Forces de l’ordre.Néanmoins, le scélérat geste le moins que l’on puisse dire de la Police nationale n’est seulement le fait de cette unité des Forces de l’Ordre, le regrettable comportement s’enregistre malheureusement aussi chez d’autres Corps de métier et qui s’apparente à une tendance généralisée à asseoir l’impunité en tant que système. De l’immunité parlementaire. Les largesses que la Loi fondamentale donne jouissance à un parlementaire préoccupent le citoyen…

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