Publié dans Politique

Vacances de « peste » - Preuve d'incompétence !

Publié le mercredi, 04 octobre 2017

Vacances de Noël, vacances de Pâques et bientôt vacances de Toussaint sont connues du grand public. Des vacances d'un nouveau genre viennent de voir le jour, sous cette Quatrième République, en l'occurrence les vacances de « peste ».

Alors que la rentrée scolaire officielle 2017-2018, du moins pour les écoles publiques, venait de débuter lundi, les écoliers ont déjà dû déserter leurs salles de classe pour cause de « peste ». Avant-hier dans la soirée, le ministère de l'Education nationale a fait savoir que les cours étaient suspendus dès à partir d'hier. Notamment dans les établissements scolaires publics et privés des Districts d'Antananarivo-ville, d'Antananarivo Avaradrano, d'Antananarivo Atsimondrano, d'Ambohidratrimo, de Toamasina I et II. Les cours ne devront reprendre que lundi prochain.
Cette suspension de cours est motivée par la nécessité d'assainir et de pulvériser des produits désinfectants dans les écoles.  Prise afin d'enrayer la propagation de l'épidémie de peste dans la Capitale, cette mesure arrive cependant tardivement selon l'avis de bon nombre d'observateurs. Faut-il en effet rappeler que les premiers cas de peste confirmés ont été enregistrés à la fin du mois d'août. Entre les premiers cas déclarés et la rentrée scolaire, prévue de longue date, cinq semaines se sont écoulées sans que le régime Rajaonarimampianina n'ait daigné prendre les mesures qui s'imposaient.
La suspension des cours, prise manifestement dans l'urgence, témoigne une nouvelle fois du manque de sérieux et du manque de préparation des gouvernants actuels voire de l'incompétence des dirigeants face à l'épidémie qui est pourtant aujourd'hui connue et prévisible. Ce n'est pas le premier couac enregistré dans la gestion de l'épidémie par l'Etat.
Faudrait-il encore faire remarquer que le régime Rajaonarimampianina ne s'est décidé à annoncer des « mesures drastiques » pour contenir la propagation de l'épidémie, uniquement après la confirmation du décès d'un coach de basketball ? Beaucoup d'observateurs s'étaient alors demandés pourquoi des mesures n'avaient pas été prises des les premiers cas de peste, pointant du doigt le fait que le ministère de la Santé notamment ait tenté de minimiser la gravité du problème, qui au final a atteint un seuil critique.
Pour beaucoup également, l'initiative du département ministériel de Paul Rabary reste insuffisante. Il est bien beau d'assainir les écoles mais qu'en est-il des alentours des établissements écoliers et les villes également ?
Justement, au lieu de conjuguer leurs efforts pour venir à bout de l'épidémie, les dirigeants au sein du Gouvernement et ceux au niveau de la Commune urbaine d'Antananarivo s'offrent en spectacle actuellement. Chacune des deux parties rejettent la responsabilité de l'assainissement de la ville des Mille à l'autre. Par presse interposée, le Premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier et l'ancien chef d'Etat et accessoirement conseiller spécial de la maire, Marc Ravalomanana se lancent des piques ces deux derniers jours.
A cette défaillance flagrante des dirigeants, s'ajoute également une communication brinquebalante. Prise de panique par l'épidémie qui va en s'amplifiant, la population s'était ruée vers les médicaments Cotrim. Actuellement, les  Tananariviens prennent d'assaut les pharmacies pour acheter des « caches-bouche ». Quelques semaines auparavant, la population s'était ruée vers les médicaments « Cotrim ». Au lieu d'éclairer les esprits et apporter des explications, les gouvernants soutiennent tout simplement l'inutilité de prendre ces « précautions »… Et au bout du compte c'est la population qui finit par être désemparée ne sachant plus quoi faire pour se protéger.
 A.R.

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Editorial

  • Corporatisme et impunité
    Lors de la « Concertation nationale des grands responsables de la Police nationale tenue à Ivato (CCI) le 20 août 2019, le Premier ministre Ntsay Christian sort de ses gonds. D’habitude conciliant dans ses interventions publiques, le Chef du Gouvernement n’a pas pu retenir la colère face à la défense exclusive et parfois aveugle des intérêts professionnels constatée au sein de la Police nationale. Ntsay a tapé sur la table ! Il dénonce le comportement corporatiste qui frise l’impunité dans les rangs des Forces de l’ordre.Néanmoins, le scélérat geste le moins que l’on puisse dire de la Police nationale n’est seulement le fait de cette unité des Forces de l’Ordre, le regrettable comportement s’enregistre malheureusement aussi chez d’autres Corps de métier et qui s’apparente à une tendance généralisée à asseoir l’impunité en tant que système. De l’immunité parlementaire. Les largesses que la Loi fondamentale donne jouissance à un parlementaire préoccupent le citoyen…

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